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Centre de recherche
mardi 24 janvier 2017
Communiqué de presse

Les conditions intra-utérines peuvent influer sur le développement cérébral des jeunes

Des facteurs comme le positionnement dans l’utérus et l’accès aux nutriments agissent sur la croissance du cerveau

MONTRÉAL, le 24 janvier 2017 – Une nouvelle étude montre que la vie intra-utérine du fœtus peut avoir des répercussions à long terme sur le cerveau. Dans un article publié dans la revue Human Brain Mapping, une équipe de chercheurs du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant explique le rôle que peut jouer le milieu intra-utérin dans le développement des processus cérébraux.

Pour l’étude, Linda Booij, professeure agrégée de psychologie à la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, a collaboré avec des spécialistes* de plusieurs établissements de recherche québécois.

Les chercheurs ont suivi des couples de jumeaux génétiquement identiques de la naissance jusqu’à l’adolescence en prenant soin de mesurer leur poids à la naissance afin d’évaluer si divers facteurs environnementaux pouvaient avoir affecté leur croissance intra-utérine.

Ils ont découvert que le milieu intra-utérin agit sur le développement du cortex. Cette zone du cerveau exerce de nombreuses fonctions comme la régulation émotionnelle et est impliquée dans diverses capacités cognitives.

Un argument de poids

Puisqu’ils partagent le même environnement prénatal, les fœtus gémellaires ont de nombreuses caractéristiques communes comme l’âge gestationnel ou le mode de vie de la mère. Pourtant, à la naissance, les jumeaux peuvent afficher un poids différent.

« Comme l’étude porte sur des jumeaux génétiquement identiques, cette différence de poids doit résulter de facteurs spécifiques agissant dans l’utérus », souligne la professeure Linda Booij. « Par exemple, un des fœtus était peut-être mieux positionné dans l’utérus ou bien recevait plus facilement de la nourriture. »

Des travaux précédents ont prouvé que le poids à la naissance constitue un indice sur le développement cérébral. Dans la présente étude, la professeure Linda Booij et son équipe ont démontré que chez les jumeaux génétiquement identiques les variations de poids à la naissance s’accompagnent de différences structurelles au niveau du cortex. Le code génétique ne peut pas expliquer ce rapport de cause à effet.

Des structures cérébrales

Les chercheurs ont suivi les paires de jumeaux jusqu’à l’adolescence et ont étudié chez un sous-groupe de 52 paires la structure de leur cortex grâce à la neuro-imagerie. Ils ont également prélevé leur ADN afin d’analyser l’épigénétique, c’est-à-dire les mécanismes qui modulent l'expression du patrimoine génétique en fonction du contexte environnemental.

Au moment où les sujets de l’étude ont atteint l’adolescence, leur cortex accusait des différences sur le plan du volume cérébral. Cette zone du cerveau joue un rôle essentiel dans la régulation émotionnelle et les processus cognitifs. « Fait notable, les jumeaux dont le poids à la naissance et la structure corticale différaient considérablement présentaient également des variations épigénétiques », affirme la professeure Linda Booij. « Par conséquent, le développement cérébral jusqu’à l’adolescent serait influencé par la période de gestion et les processus épigénétiques pourraient jouer un rôle dans cette relation », ajoute-t-elle.

La professeure Linda Booij et son équipe souhaitent que leur étude mette en lumière le rôle spécifique de l’influence environnementale précoce dans la croissance du cerveau, l’expression génétique et la régulation émotionnelle. « Nous espérons que les résultats de nos travaux favoriseront une meilleure compréhension des moyens pour favoriser le développement cérébral précoce et prévenir des troubles émotionnels ou cognitifs chez les jeunes », conclut la professeure Linda Booij.

* Kevin F. Casey, Melissa L. Levesque, Moshe Szyf, Elmira Ismaylova, Marie-Pier Verner, Matthew Suderman, Frank Vitaro, Mara Brendgen, Ginette Dionne, Michel Boivin et Richard E. Tremblay. 

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Source :

Université Concordia

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Notes

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Mise à jour le 25 janvier 2017
Créée le 25 janvier 2017
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