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lundi 8 janvier 2018

Problèmes de comportement et commotion cérébrale chez les tout-petits

Les parents doivent être attentifs aux changements comportementaux chez leur enfant et chez eux-mêmes

MONTRÉAL, le 8 janvier 2018 – Les commotions cérébrales représentent un problème de santé publique majeur en raison de leur incidence élevée chez les adolescents et les athlètes qui s’adonnent à des sports de contact. Leur incidence est encore plus importante chez les enfants d’âge préscolaire puisqu’ils ont une moins bonne notion du danger et sont donc plus susceptibles de se blesser. Une étude dirigée par des chercheurs au CHU Sainte-Justine, affilié à l’Université de Montréal, récemment publiée dans le journal Psychological Medicine, démontre que même plusieurs mois après la survenue d’un traumatisme crânien chez des enfants âgés de 0 à 5 ans, des problèmes de comportement sont présents. « Même sous sa forme la plus bénigne, une commotion cérébrale survenant tôt dans la vie de l’enfant peut causer une perturbation cérébrale entraînant des changements de comportement qui persisteront même six mois après la blessure. Le jeune cerveau est encore immature et en plein développement, ce qui le rend très vulnérable aux chocs », indique Miriam Beauchamp, PhD, chercheure au CHU Sainte-Justine, professeure de psychologie à l’Université de Montréal et auteure principale de l’étude. Ces recherches font suite à une précédente étude qui révélait les effets indésirables d’une commotion cérébrale en bas âge sur la qualité des relations interpersonnelles parent-enfant parue dans le Journal of Neuropsychology.

Pour déterminer les conséquences adverses des commotions cérébrales chez les enfants en bas âge, le laboratoire de Miriam Beauchamp a réalisé une étude chez plus de deux cents enfants dont l’objectif était d’évaluer la présence de problèmes de comportement six mois après la survenue d’un traumatisme crânien. « Nous avons demandé aux mères de remplir un questionnaire pour documenter une variété de comportements problématiques chez leur enfant, se manifestant soit de manière plutôt intériorisée, comme de l’anxiété ou de la tristesse, ou bien de façon plus extériorisée, comme de la colère ou de l’agressivité », souligne Charlotte Gagner, étudiante au doctorat et première auteure de l’étude. Les résultats démontrent que les mères d'enfants ayant subi une commotion cérébrale rapportent davantage de problèmes de comportement, à la fois internalisés et externalisés, que les mères d'enfants n'ayant pas été blessés ou encore ayant subi une blessure ailleurs qu'à la tête.

Ces résultats laissent croire qu’un traumatisme crânien, même considéré comme « léger », entraîne des blessures cérébrales rendant l’enfant plus vulnérable à expérimenter de l’anxiété et/ou de la colère par exemple. « Nous croyons également que les mères dont l’enfant a subi un choc à la tête se font plus du souci, et par conséquent, détectent plus facilement certains changements comportementaux subtils qui auraient potentiellement passé inaperçus », ajoute Charlotte Gagner. Fait intéressant, il existe une forte corrélation entre les enfants présentant davantage de problèmes de comportement et les parents se décrivant comme étant plus stressés. Ceci met en évidence l’importance pour les parents de prendre soin de leur santé psychologique, en l’occurrence de réduire les sources de stress, pour maximiser les impacts positifs dans leur relation parent-enfant et amoindrir les conséquences comportementales d’une commotion cérébrale chez leur enfant.

« Il nous reste à découvrir si ces problèmes de comportement s’amoindriront au fil du temps, ou à l’inverse, si ceux-ci se chroniciseront ou deviendront plus sévères. Dans cette optique, nous poursuivons notre étude en réévaluant le même groupe d’enfants, 18 et 30 mois après l’accident. De plus, nous nous intéressons à savoir si la perception du père différera de celle de la mère pour les mêmes types de problèmes de comportement chez leur enfant », conclut Miriam Beauchamp.

À propos de l’étude

L’article intitulé « Behavioral consequences of mild traumatic brain injury in preschoolers » a été publié en ligne dans le journal Psychological Medicine en novembre 2017. La première auteure est Charlotte Gagner, étudiante au doctorat en neuropsychologie sous la direction de Miriam Beauchamp. L’auteure principale est Miriam Beauchamp, chercheure au CHU Sainte-Justine, neuropsychologue et professeure agrégée au Département de psychologie de l’Université de Montréal, directrice du Laboratoire de neuropsychologie développementale ABCs, et professeure associée au Département de neurologie et neurochirurgie de l’Université McGill. Elle a reçu pour ses travaux le soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Elle est titulaire d’une bourse salariale du Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS), et ses installations de recherche sont soutenues financièrement par la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI).

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Maude Hoffmann
Communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
communications@recherche-ste-justine.qc.ca

Personne-ressource auprès des médias :
Mélanie Dallaire
Cadre conseil | Communications externes
CHU Sainte-Justine
Bureau : 514-345-7707 / Téléavertisseur : 514-415-5727
melanie.dallaire.hsj@ssss.gouv.qc.ca

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Mise à jour le 8 janvier 2018
Créée le 8 janvier 2018
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