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mercredi 29 mai 2019

Survivants de la leucémie lymphoblastique aiguë: une remise en forme doublement ardue

MONTRÉAL, le 29 mai 2019 – Le taux de survie des enfants atteints d’une leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) atteint près de 90%. Toutefois, cette survie s’accompagne de plusieurs effets secondaires qui sont liés aux traitements et qui altèrent la qualité de vie des survivants ainsi que leur condition cardiorespiratoire.

Dans une étude menée en deux volets, Maxime Caru, doctorant à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal et au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, a démontré que des survivants de la LLA avaient une capacité cardiorespiratoire de 22% inférieure à celle d’une cohorte canadienne en santé malgré des niveaux d’activité physique similaires.

Il a en outre montré que plusieurs gènes, connus comme des gènes de l’aptitude à l’entraînement physique (trainability genes), étaient associés à cette condition. Les résultats de ses recherches seront présentés aujourd’hui au congrès annuel de l’American College of Sports Medicine à Orlando, en Floride.

«Des travaux antérieurs du Laboratoire de physiopathologie de l’exercice de l’UdeM, où j'effectue mes recherches, avaient indiqué que les survivants de la LLA ne suivaient pas les recommandations en matière d’activité physique, explique Maxime Caru. Cependant, il n’existait jusqu’à ce jour aucune étude canadienne ayant évalué la condition cardiorespiratoire des survivants de la LLA par rapport à celle de la population en santé.»

Les femmes encore plus touchées que les hommes

Au sein d’une cohorte de 250 enfants survivants de la LLA et 825 Canadiens en santé, Maxime Caru a établi que la condition cardiorespiratoire des survivants était 22% plus faible que celle de la population en santé, soit près de 9,2 ml·kg-1·min-1 de consommation d’oxygène.

Comme si ce déconditionnement physique ne suffisait pas, il a également observé que l’augmentation de la condition cardiorespiratoire, par rapport aux niveaux d’activité physique d’intensité modérée à élevée, était plus faible chez les survivants, particulièrement chez les survivantes.

Les gènes de l’aptitude à l’entraînement physique

Attribuer cette réduction de la condition cardiorespiratoire aux traitements de la LLA et aux autres facteurs environnementaux ne répond qu’en partie à ces observations inquiétantes. Des études ont en effet déjà démontré des liens entre les changements dans la condition cardiorespiratoire de personnes en santé pratiquant des activités physiques et des gènes liés à l’aptitude à l’entraînement physique.

Dans le deuxième volet de l’étude, Maxime Caru et ses collègues ont réalisé des analyses d’associations génétiques entre les gènes liés à l’aptitude à l’entraînement physique (238 gènes dont 134 variants communs et 1225 variants rares) et la condition cardiorespiratoire de survivants de la LLA.

Pour la première fois, ils sont parvenus à montrer que les survivants ayant une faible condition cardiorespiratoire avaient des associations génétiques avec des gènes liés à l’aptitude à l’entraînement physique, notamment le gène TTN. Le gène TTN fournit des instructions aux cellules pour la fabrication d’une protéine appelée titine. Cette protéine joue un rôle important dans les muscles que le corps utilise pour les mouvements (muscles squelettiques) et dans les muscles cardiaques.

De plus, comme dans le premier volet de l’étude, ce sont essentiellement les survivantes ayant une faible condition cardiorespiratoire qui ont présenté les associations génétiques les plus fortes avec trois autres gènes liés à l’aptitude à l’entraînement physique, soit les gènes LEPR, IGFBP1 et ENO3.

Malgré ce sombre constat, «cette étude a permis de mettre en lumière les associations génétiques relativement à une faible condition cardiorespiratoire des survivants de la LLA, souligne Daniel Curnier, professeur à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’UdeM, qui a dirigé l’étude. Bien qu’elle ait révélé que les survivants de la LLA subissent un double préjudice lié à leur maladie et aux traitements qui en découlent, elle apporte des preuves supplémentaires quant aux bienfaits de l’activité physique en oncologie pédiatrique. En ce sens, les survivants de la LLA devraient être mieux accompagnés dans leur pratique d’activité physique afin d’en tirer plus d'avantages et d'améliorer leur condition cardiorespiratoire».

«De fait, elle permettra aux kinésiologues de mettre au point des suivis personnalisés et des stratégies préventives plus efficaces pour les survivants de LLA afin d’atténuer leur vulnérabilité», conclut Maxime Caru.

À propos de cette étude

Cette étude a été réalisée dans le cadre du projet PETALE, qui visait à prévenir les effets tardifs des traitements de la leucémie aiguë lymphoblastique chez l’enfant. Elle est, dans sa continuité, la pierre angulaire d’un projet d’intervention multidisciplinaire en kinésiologie, nutrition et psychologie appelé projet VIE.

Maxime Caru et ses collaborateurs ont publié «Identification of genetic association between cardiorespiratory fitness and the trainability genes in Childhood Acute Lymphoblastic Leukemia Survivors» dans BMC Cancer le 14 mai 2019.

Maxime Caru présentera ses recherches au congrès 2019 de l’American College of Sports Medicine (ACSM) à Orlando, en Floride, à partir de la communication «Trainability genes provide answers to the cardiorespiratory fitness deficit in Childhood Acute Lymphoblastic Leukemia Survivors», rédigée en collaboration avec K. Petrykey, M. Samoilenko, S. Drouin, V. Lemay, L. Kern, L. Romo, P. Beaulieu, P. St-Onge, L. Bertout, G. Lefebvre, C. Laverdiere, G. Andelfinger, M. Krajinovic, D. Sinnett et D. Curnier.

À cette occasion, Maxime Caru recevra l'ACSM Cancer SIG - Karen Hornbostel Memorial Award pour ses travaux sur l’activité physique et le cancer. À noter qu’une partie de ses travaux lui a également valu le prix Jeunes Chercheurs du Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS) au 12Colloque Jeunes Chercheurs du CIQSS.

Financement

Cette étude a été financée par l’Institut du cancer des Instituts de recherche en santé du Canada, en collaboration avec le C17 Council, la Société canadienne du cancer, la Cancer Research Society, le Garron Family Cancer Centre (Hospital for Sick Children), l'Ontario Institute for Cancer Research et le Pediatric Oncology Group of Ontario. L’étude a aussi été financée en partie par une subvention de la Fondation Cole, le Fonds de recherche du Québec ‒ Santé et la Fondation CHU Sainte-Justine.

Une partie des analyses ont été réalisées au Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS), membre du Réseau canadien des centres de données de recherche. Les activités du CIQSS sont rendues possibles grâce à l’appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation canadienne pour l’innovation, de Statistique Canada, du Fonds de recherche du Québec – Société et culture, du Fonds de recherche du Québec – Santé ainsi que de l’ensemble des universités québécoises qui y prennent part.

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 500 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Autre source / renseignements

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Julie Gazaille
Université de Montréal
Tél. : 514 343-6796
j.cordeau-gazaille@umontreal.ca

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Mise à jour le 28 juin 2019
Créée le 29 mai 2019
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