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Centre de recherche
jeudi 9 septembre 2021
Communiqué de presse

Recours au plasma convalescent pour traiter la COVID aiguë

Une vaste étude multicentrique avec le CHU Sainte-Justine invite à la prudence

MONTRÉAL, le 9 septembre 2021 – Alors que des chercheurs croyaient que les anticorps des patients guéris de la COVID-19 pouvaient aider à combattre la forme grave de la maladie chez les patients hospitalisés pour celle-ci, une étude multicentrique internationale, dirigée par le Canada et publiée aujourd’hui dans la revue Nature Medicine, dévoile des résultats beaucoup plus nuancés.    

L’analyse des résultats préliminaires de l’étude CONCOR-1 avait montré l’hiver dernier que la transfusion de plasma convalescent ne réduit pas le risque d’intubation ni de complications graves chez les patients hospitalisés pour symptômes respiratoires aigus causés par la COVID-19. Le comité indépendant avait alors recommandé l’arrêt du recrutement. 

Or, les résultats complets de l’étude publiés aujourd’hui dépeignent une réalité beaucoup plus complexe. Au total, 940 patients ont été randomisés dans 73 hôpitaux au Canada, aux États-Unis et au Brésil.

Le transfert d’anticorps : une arme à double tranchant

L’analyse des résultats complets n’a pas révélé de différence significative dans la mortalité ou le risque d’intubation de façon globale. Les complications graves étaient cependant plus fréquentes chez les patients ayant reçu le plasma convalescent. Les chercheurs ont par ailleurs démontré que l’effet clinique du plasma convalescent était largement modulé par son contenu en anticorps. Les patients ayant reçu du plasma avec un bon profil d’anticorps présentaient un risque de mortalité et d’intubation comparable à celui des patients dans le groupe contrôle, alors qu’il était accru chez ceux recevant des plasmas avec un profil défavorable.

L’effet des anticorps serait déterminé par deux fonctions distinctes : soit leur capacité à neutraliser le virus en interférant avec son entrée dans la cellule ou bien celle de mobiliser le système immunitaire pour combattre les cellules infectées.

Selon le Dr Philippe Bégin, co-chercheur principal de l’étude CONCOR-1 et clinicien-chercheur au CHU Sainte-Justine et au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), c’est cette deuxième fonction qui pourrait expliquer l’effet préjudiciable de certains plasmas : « On sait que tous les anticorps n’ont pas la même capacité à activer le système immunitaire. Si on transfuse des anticorps dysfonctionnels, ceux-ci peuvent prendre la place de ceux du patient sur le virus, et ultimement nuire à la réponse immunitaire naturelle. »

Collaboration précieuse

Le chercheur Andrés Finzi et son équipe du Centre de recherche du CHUM ont développé plusieurs des tests sérologiques ayant permis de mesurer et de qualifier la réponse immunitaire dans le plasma convalescent des patients de l’étude CONCOR-1, dont celui de l’ADCC (Antibody-Dependent Cellular Cytotoxicity) qui mesure la capacité des anticorps à mobiliser le système immunitaire. « La réponse ADCC est associée à un meilleur pronostic pour le patient, et ce, indépendamment de la capacité de neutralisation, a indiqué Andrés Finzi, qui est également professeur à l’Université de Montréal. Cette mesure semble donc essentielle pour dresser un portrait complet et juste de la réponse immunitaire au virus. Très prometteuse, elle fait l'objet de travaux complémentaires pour mieux comprendre son fonctionnement. » 

Le Dr Bégin souligne que ces conclusions, qui proviennent du plus grand essai clinique du Canada sur le plasma convalescent et la COVID-19 concordent avec celles d’autres études démontrant une absence d’effet du plasma convalescent. Par contre, les plasmas utilisés dans l’étude ayant été recueillis avant la campagne de vaccination, il n’est pas exclu que le plasma de patients convalescents et pleinement vaccinés puisse s’avérer efficace, mais cela reste à démontrer dans le cadre d’un essai clinique.

En attendant, les auteurs invitent à la prudence dans l’usage de plasma convalescent hors recherche, surtout en l’absence d’analyse du contenu en anticorps. 

L’étude CONCOR-1 était codirigée par les Drs Philippe Bégin, clinicien-chercheur au CHU Sainte-Justine et au CHUM, Donald Arnold, hématologue et professeur de médecine à l’Université McMaster et Jeannie Callum, chercheuse associée de l’Institut de recherche Sunnybrook.

À propos de l’étude CONCOR-1

CONCOR-1 était un essai contrôlé randomisé ouvert sur le plasma convalescent ou la norme de soins pour les adultes hospitalisés atteints d'une maladie respiratoire aiguë COVID-19. L'étude a exclu les patients COVID-19 qui n'avaient pas besoin d'être à l'hôpital et les patients hospitalisés COVID-19 qui avaient besoin d'une intubation au moment de leur admission.

Cette collaboration internationale regroupait des hôpitaux universitaires et communautaires, un comité consultatif de patients et 4 agences de produits sanguins – la Société canadienne du sang, Héma-Québec, le New York Blood Center et Hemorio.

L'essai de 5,5 millions de dollars a été a été subventionné par les Instituts de recherche en santé du Canada, la Société canadienne du sang, Héma-Québec, les Fonds de recherches de l’Ontario, le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, l’Université de Toronto, le ministère de la Santé de la Saskatchewan, la Hamilton Health Science Organization, le Sunnybrook Academic Health Sciences Centre, le University Health Network, l'Université McMaster, la University Health Foundation à l'University of Alberta Hospital, la Sunnybrook Hospital Foundation, la Fondation CHU Sainte-Justine et grâce à la générosité de nombreux donateurs privés.

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 210 chercheurs, dont plus de 110 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord.

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Pour information et entrevues :

Justine Mondoux-Turcotte
Relations avec les médias
CHU Sainte-Justine
justine.mondoux.turcotte.hsj@ssss.gouv.qc.ca
514-213-4488

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Mise à jour le 9 septembre 2021
Créée le 8 septembre 2021
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