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jeudi 18 décembre 2025

De nouveaux résultats confirment l’efficacité d'un programme de prévention en milieu scolaire pour réduire la consommation de substances chez les jeunes

MONTRÉAL, le 18 décembre 2025 – Une intervention cognitivo-comportementale brève, offerte dès le début du secondaire, peut freiner de façon significative l’augmentation de la consommation de substances chez les adolescentes et adolescents. Ces nouvelles données, publiées aujourd’hui dans JAMA Network Open par la stagiaire postdoctorale Samantha Lynch et par la Dre Patricia Conrod, professeure et psychologue clinicienne, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé mentale préventive et toxicomanie et chercheuse au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, viennent confirmer et approfondir les conclusions disponibles sur l’efficacité du programme.   

Ces résultats proviennent d’un essai clinique randomisé de grande envergure mené dans 31 écoles secondaires auprès de plus de 3 800 élèves de la grande région de Montréal. Ils démontrent que le programme PreVenture, qui aide les jeunes à mieux gérer certains traits de personnalité — impulsivité, recherche de sensations fortes, désespoir et sensibilité à l’anxiété — ralentit de manière notable la progression de la consommation d’alcool, de cannabis, de tabac et de substances illicites multiples tout au long du secondaire.   

Les nouvelles analyses montrent que, comparativement aux élèves des écoles témoins, les élèves des écoles ayant mis en œuvre le programme PreVenture ont observé une augmentation beaucoup plus faible de la consommation de substances durant le suivi sur quatre ans :

  • 25% plus faible pour le cannabis, ce qui signifie que les élèves étaient beaucoup moins susceptibles d’augmenter leur usage au fil du temps.  
  • 21% plus faible pour le tabagisme, soulignant une prévention significative de l’initiation précoce à la nicotine.  
  • 8% plus faible de la consommation d’alcool, traduisant un retard modeste mais significatif dans l’adoption des habitudes de consommation.  
  • 44 % plus faible pour la consommation de substances illicites multiples, un résultat particulièrement important compte tenu des risques de l’usage combiné.  

La consommation de substances tend à augmenter durant l’adolescence, et une consommation précoce, fréquente ou multiple est fortement liée à des troubles liés à l’usage, à des surdoses et à des problèmes de santé mentale.  

« Nos résultats montrent qu’une intervention très brève et ciblée, offerte en milieu scolaire, peut modifier de manière significative la trajectoire de la consommation de substances durant une période critique de l’adolescence », explique Samantha Lynch, première autrice. « En retardant l’augmentation de la consommation — surtout de cannabis et de substances multiples — nous réduisons la probabilité que les jeunes adoptent des modes de consommation nocifs qui augmentent leur risque de dépendance et de surdose. »

Prochaine étape : un suivi à l’âge adulte  

L’équipe de recherche entame maintenant une nouvelle phase de suivi pour recontacter la même cohorte, aujourd’hui âgée d’environ 25-26 ans, afin de déterminer si ces réductions précoces de consommation se traduisent par des bénéfices à l’âge adulte. Ce suivi évaluera les habitudes de consommation (alcool, cannabis, tabac et vapotage), la santé mentale et d’autres indicateurs de bien-être.  

« Cette prochaine phase nous permettra de répondre à une question centrale en science de la prévention : les interventions précoces et ciblées produisent-elles des bénéfices durables à l’âge adulte? », conclut l'autrice senior Patricia Conrod. 

Citation

« Dans les banlieues nord-ouest de Chicago, OMNI a constaté de manière constante que les élèves, les écoles et les animateurs apprécient le programme PreVenture. Un élément clé d’une prévention efficace consiste à susciter l’enthousiasme et l’adhésion, et PreVenture y parvient parfaitement. C’est un programme unique qui reconnaît les élèves pour ce qu’ils sont et valorise leurs forces. En même temps, il demeure un programme de prévention très efficace, fondé sur des données probantes, pratique et facile à mettre en œuvre. » - Maykala Ratcliffe, Omni Youth Services

À propos du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine  

Le Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine est un établissement phare de recherche en santé mère-enfant affilié à l’Université de Montréal, qui fait partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada. Porté par une vision d’excellence, il a pour ambition de développer une véritable santé de précision en mettant à profit le plein potentiel des données et des technologies les plus avancées. Avec ses 295 chercheuses et chercheurs dont plus de 160 œuvrent en recherche clinique et ses quelque 580 étudiantes, étudiants et stagiaires de recherche postdoctorale, le Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine contribue à faire avancer les connaissances en santé des mères, des enfants et des adolescentes et adolescents, ainsi qu’à traduire ces découvertes en méthodes innovantes et plus efficaces de prévention, de traitement et de suivi. 
recherche.chusj.org 

À propos de l’étude

L’essai contrôlé randomisé CoVenture a été financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). L’objectif était d’évaluer l’efficacité du programme PreVenture, une intervention préventive en santé mentale en milieu scolaire, pour réduire le risque de trouble d’abus de substances chez les adolescentes et adolescents sur une période de cinq ans. Les 3800 élèves participants ont complété un questionnaire autoadministré en secondaire 1, visant à évaluer quatre traits de personnalité soit l’impulsivité, la recherche de sensations fortes, la sensibilité à l’anxiété et le désespoir. Les écoles ont été sélectionnées au hasard pour recevoir une formation et être en mesure de dispenser le programme PreVenture aux élèves ayant obtenu un score élevé à l’un de ces quatre traits de personnalité. Les interventions ont consisté en deux ateliers de 90 minutes en groupe, durant la première année du secondaire. Tous les élèves ont été suivis une fois par année pendant cinq ans grâce à des évaluations en ligne à l’école. La Pre Conrod soutient une équipe internationale d’expertes et experts en recherche et transfert de connaissances dédiées à la diffusion internationale de ce programme (www.preventureprogram.com). 

À propos des autrices

Samantha Lynch est stagiaire postdoctorale à l’Université de Montréal et au CHU Sainte-Justine, spécialisée dans le développement et la prévention des problèmes de santé mentale et de consommation chez les adolescents.  

La Dre Patricia Conrod, psychologue est professeure de psychiatrie et de toxicomanie à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé mentale préventive et toxicomanie, ainsi que de la Chaire Fondation Julien/Marcelle et Jean Coutu en pédiatrie sociale et communautaire. Elle codirige également le Centre IMAGINE du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, un centre d’imagerie cérébrale pédiatrique.  

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Mise à jour le 18 décembre 2025
Créée le 12 décembre 2025
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