MONTRÉAL, le 9 décembre 2025 - Sous la direction du chercheur Mathieu Dehaes et de la chercheuse Caroline Boudoux du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, une équipe a récemment mis au point deux nouvelles méthodes d’imagerie qui permettent de mieux observer les vaisseaux sanguins dans l’œil. L’une mesure avec précision le mouvement et la vitesse du sang, l’autre offre une vue complète des vaisseaux, en pleine profondeur. Ensemble, ces deux approches ouvrent la voie à une meilleure compréhension des maladies oculaires du développement, et à des outils plus précis tant pour la recherche que la clinique.
Le défi d’étudier les vaisseaux de l’œil
L’œil est un organe complexe, et son bon fonctionnement dépend en grande partie de ses vaisseaux sanguins. Chez les nouveau-nés, des anomalies dans le développement de ces vaisseaux peuvent entraîner des problèmes de vision graves, parfois irréversibles. Mais observer ces vaisseaux en action, dans un œil vivant, est un vrai défi : ils impliquent des structures fines, profondes et en mouvement constant.
Les deux études menées par Mathieu Dehaes, également professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, et Caroline Boudoux, professeure à Polytechnique Montréal, apportent des avancées technologiques majeures en perfectionnant la tomographie par cohérence optique (TCO). Cette technique d’imagerie, déjà largement utilisée en ophtalmologie pour visualiser la rétine en trois dimensions, reste d’une précision limitée à deux niveaux : lorsqu’on souhaite quantifier le flux sanguin dans toutes les directions; et lors de l’exploration des couches cellulaires et vasculaires profondes de l’œil.
Une nouvelle façon de mesurer le flux sanguin
La première innovation repose sur un appareil appelé « lanterne photonique modale ». Il envoie trois faisceaux lumineux différents et simultanés dans l’œil, ce qui permet de mieux capter les mouvements du sang, peu importe leur direction. Grâce à une nouvelle analyse fine des signaux lumineux, il est possible de mesurer la vitesse du sang avec une grande précision, même lorsqu’il se déplace lentement.
Lors de sa validation, cette méthode a montré des résultats prometteurs : des mesures de 3 à 5 fois plus précises que les techniques habituelles, et capables de détecter des mouvements aussi lents que 0,5 mm par seconde. Elle permet aussi de visualiser le mouvement en trois dimensions, ce qui offre une vision plus complète et réaliste de la circulation du sang dans les tissus – avec le potentiel de détecter plus facilement des anomalies ou des changements subtils liés à certaines maladies.
Une image complète de l’œil, en profondeur
La deuxième technique d’imagerie par TCO permet de visualiser les vaisseaux sanguins de l’œil dans toute sa profondeur. Pour cela, l’équipe a ajouté une lentille spéciale qui change de forme grâce à un signal électrique. Cela permet de prendre plusieurs images de l’œil, du cristallin jusqu’à la rétine, sans perte de qualité.
Ces images ont ensuite été corrigées et alignées grâce à des algorithmes, puis fusionnées pour créer une seule image très détaillée. Résultat : un contraste significativement supérieur à celui des images classiques, et une netteté uniforme sur toute la profondeur de l’œil.
Une technologie ouverte à la collaboration
Ces deux avancées technologiques ouvrent la voie à de nombreuses applications en recherche biomédicale, dans le domaine de l’ophtalmologie et bien au-delà. L’équipe souhaite maintenant partager ces méthodes aux chercheuses et chercheurs intéressés, et ainsi les tester dans différents contextes et pour d’autres tissus. Les personnes intéressées peuvent contacter Mathieu Dehaes et Caroline Boudoux par courriel pour en discuter.
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