MONTRÉAL, le 19 février 2026 – Une vaste étude menée à partir de données hospitalières provenant de partout au pays met en lumière des changements importants dans les hospitalisations liées à la maltraitance chez les tout‑petits durant la pandémie de COVID-19. En effet, après une baisse des hospitalisations pour maltraitance chez les moins de 2 ans au début de la pandémie, l’étude rapporte une hausse du nombre d’hospitalisations nécessitant des soins intensifs.
Co-dirigée par la Dre Nadia Roumeliotis du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine et le Dr Matthew Carwana du BC Children’s Hospital, l’étude a bénéficié de la contribution du consortium POPCORN et de plusieurs chercheuses et chercheurs du CHU Sainte‑Justine : le Dr Baudouin Forgeot D’Arc, le Dr Olivier Drouin, la chercheuse Sylvana Côté et la Dre Caroline Quach.
En analysant les admissions hospitalières pour maltraitance chez les enfants de moins de deux ans entre 2016 et 2023, l’équipe offre un portrait national inédit de l’incidence et de la gravité des cas durant la pandémie.
Quand les signalements chutent, les risques augmentent
L’un des constats les plus marquants : une baisse de près de 30% des hospitalisations pour maltraitance au tout début de la pandémie, avant un retour graduel aux niveaux prépandémiques.
La fermeture des écoles, des services de garde et la réduction des consultations médicales ont probablement contribué à diminuer les occasions de repérer les signes de maltraitance chez les jeunes enfants.
Si l'on regarde l'ensemble de la période étudiée, les taux annuels d’hospitalisation sont de 25 à 34 hospitalisations par million d’enfants, principalement chez les garçons vivant en milieu urbain. Les milieux ruraux affichent des taux plus élevés, malgré un nombre absolu de cas plus faible.
Des blessures plus graves après les premiers mois
Une tendance préoccupante émerge après la période initiale de confinement : une hausse de 80% des admissions en soins intensifs liées à la maltraitance. Il est possible que des cas de maltraitance aient été détectés plus tardivement, menant à des blessures plus sévères.
Cette augmentation soulève d’importantes questions quant à l’accès aux soins et à la capacité de dépistage dans un contexte de restrictions sanitaires.
Pour mieux protéger les enfants lors de futures crises
Les conclusions de l’étude rappellent l’importance de maintenir des services accessibles pour les jeunes enfants, même en contexte d’urgence sanitaire. Les chercheuses et chercheurs identifient trois priorités :
- Garantir la continuité des services de santé pour les nourrissons et jeunes enfants.
- Soutenir les familles en période de forte pression sociale ou économique.
- Renforcer les mécanismes de détection précoce de la maltraitance, même lorsque les services éducatifs et les contacts professionnels sont limités.
L’étude insiste aussi sur la nécessité de déterminer clairement quels services doivent être considérés comme essentiels lors de futures pandémies ou situations de crise – particulièrement ceux qui soutiennent directement les enfants et les familles.
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