Lorsqu’un nouveau microscope confocal est arrivé en avril dernier à la Plateforme d’imagerie microscopique (PIM), l’enthousiasme était palpable. Pour Elke Kuester-Schoeck et Vanesa Jimenez Amilburu, c’était un peu comme recevoir un cadeau de Noël avant l’heure : un nouvel outil à explorer, à apprivoiser… et bientôt à partager.
Cet émerveillement en dit long sur ce qui les anime au quotidien.
À la PIM, chaque projet commence par une rencontre afin d’évaluer les besoins et les objectifs de l’équipe de recherche. Derrière les microscopes, il y a avant tout deux passionnées, profondément engagées à aider les autres à voir, comprendre et réussir.
Une flamme partagée
Pour Elke, responsable de la PIM depuis ses débuts, cette vocation s’est révélée au fil de son parcours : « Lors de mon postdoctorat en biologie moléculaire, j’ai réalisé que j’adorais aider les gens à utiliser des instruments à la fine pointe de la technologie. C’est par la suite que j’ai découvert la microscopie, que je pratique depuis maintenant 15 ans. »
Vanesa, spécialiste technique à la PIM depuis février 2025, a suivi un chemin différent, mais animé par la même curiosité. Formée en biologie développementale, elle a intégré la microscopie dans ses recherches doctorales et postdoctorales. « Ce que je préférais dans mes projets, c’était la microscopie. J’adore le milieu scientifique et aider les gens à développer leurs compétences. »
Toutes deux font également partie d’un réseau montréalais de gens passionnés de la microscopie, un écosystème d’échanges qui nourrit leur expertise et leur enthousiasme.

© Elke, à gauche, et Vanesa, debout à l'arrière, aide une utilisatrice de la PIM à travailler avec le nouveau microscope confocal à lumière blanche. CHU Sainte-Justine (Véronique Lavoie)
Comprendre la science derrière les images
À première vue, la microscopie peut sembler essentiellement technique. Pourtant, à la PIM, l’équipement n’est qu’un point de départ.
Grâce à leur solide formation scientifique, Elke et Vanesa abordent chaque projet avec une compréhension fine des enjeux : hypothèses expérimentales, contraintes biologiques, validité des mesures. Cette capacité à parler le même langage que leur clientèle – étudiantes, étudiants, stagiaires de recherche postdoctorale ou chercheuses et chercheurs – permet d’établir un véritable partenariat.
Accompagner pour rendre autonome
La PIM se distingue notamment par la place centrale accordée à la formation, en complément de ses autres missions. Des tutoriels détaillés pour les techniques de base ont entre autres été développés avec un souci constant de précision et de clarté, afin d’outiller efficacement les utilisatrices et utilisateurs.
En revanche, en microscopie, il n’existe pas de solution ou de procédure universelle. Chaque échantillon, chaque question de recherche demande une approche adaptée. Choisir le bon instrument, en optimiser les paramètres, assurer la validité quantitative des données : tout repose sur une maîtrise fine des outils et du contexte scientifique.
C’est pourquoi chaque formation est individuelle et conçue sur mesure.
En une demi-journée ou une journée complète, selon l’instrument, les utilisatrices et utilisateurs acquièrent les compétences nécessaires pour devenir autonomes, à partir de leurs propres échantillons.
« L’objectif, c’est que les gens repartent confiants », souligne Elke.
L’accompagnement ne s’arrête pas là. Au besoin, le duo reste disponible pour guider, ajuster et, de plus en plus, soutenir aussi l’analyse des données – une étape essentielle pour tirer pleinement parti des images obtenues.
Aux origines d’un tournant pour la microscopie
La PIM telle qu’on la connaît aujourd’hui est le fruit d’un développement structurant amorcé en 2017.
À cette époque, un seul microscope commun était disponible pour l’ensemble du Centre de recherche. L’acquisition d’un lot de nouveaux appareils marque un tournant majeur.
Elke est alors recrutée pour relever un défi de taille : gérer le parc d’équipements et mettre sur pied la plateforme. « J’ai dû apprendre vite! Les appareils, les personnes, les procédures – tout était nouveau. »
En collaboration avec Valérie Villeneuve, cheffe des plateformes scientifiques, Elke contribue alors à la mise en œuvre des services et des formations, ainsi qu’à faire connaître la plateforme au sein du Centre. Au fil des années et à la faveur d’un engagement soutenu de la direction, la PIM s’est imposée comme une ressource incontournable.
Aujourd’hui, la plateforme soutient une communauté de près de 150 personnes, et quelque 100 formations y sont offertes chaque année.
Son parc d’équipements – désormais enrichi d’un 11e microscope, un confocal à lumière blanche de dernière génération acquis grâce au soutien de la Fondation CHU Sainte-Justine et de iA Groupe financier – offre certaines fonctionnalités uniques à Montréal, attirant des collaborations et des projets provenant d’autres institutions.
Mais au-delà des équipements de pointe, ce sont les possibilités qu’ils ouvrent pour la communauté et pour la science qui nourrissent la motivation d’Elke et de Vanesa. À la PIM, elles ont façonné un espace où l’expertise scientifique se conjugue à la transmission des savoirs, et où la technologie devient un levier pour explorer, mesurer et comprendre l’univers microscopique.