MONTRÉAL, le 24 février – Comment mieux outiller les personnel soignant pour aborder les enjeux de santé mentale avec les futurs et nouveaux parents? Une récente évaluation réalisée par l’étudiante Clara Vincent, sous la supervision des psychologues et chercheuses Anna MacKinnon et Tina Montreuil, met en lumière l’efficacité et la forte appréciation d’un programme de télémentorat ECHO en santé mentale périnatale développé au CHU Sainte-Justine et déployé à l’échelle du Québec.
Mis sur pied au CHU Sainte-Justine sous la direction du Dr Martin St-André, psychiatre et chef médical de la clinique de psychiatrie périnatale et du jeune enfant, avec le soutien de la Direction de l'enseignement et de l'innovation pédagogique, ce programme repose sur de courtes séances de formation à distance combinant enseignement magistral, échanges entre pairs et analyses de cas cliniques. Il vise à approfondir les connaissances des participantes et participants sur les enjeux de santé mentale en période périnatale, tout en favorisant une meilleure connaissance des ressources disponibles pour soutenir les familles.
Des retombées positives sur le sentiment de compétence
Les résultats de l’évaluation indiquent que le programme contribue de façon significative à améliorer le sentiment de compétence des membres du personnel soignant en matière de santé mentale périnatale. Ces derniers éprouvent un plus grand sentiment de confiance pour dépister et aborder des enjeux de santé mentale chez les futurs et nouveaux parents, ainsi que pour orienter les familles vers les ressources appropriées.
Ces prestataires de soins se disent également très satisfaits vis-à-vis du contenu de la formation, de la pertinence clinique des thèmes abordés et de l’approche multidisciplinaire du programme. « Les discussions de groupe et les analyses de cas ressortent comme des éléments particulièrement appréciés par les participantes et participants, souligne Clara Vincent. Elles permettent de réfléchir à des situations concrètes, de partager des expériences et de bénéficier de l’expertise collective. » Les personnes participantes rapportent aussi se sentir mieux outillées pour soutenir et conseiller les familles, notamment grâce à une meilleure connaissance des services et ressources disponibles dans le réseau de la santé et dans le milieu communautaire.
Agir tôt pour soutenir le développement des enfants et le bien‑être des parents
Le fait de mieux outiller les prestataires de soins de santé est d’autant plus crucial que la grossesse constitue un moment clé pour intervenir auprès des familles. Dans son laboratoire, la psychologue Anna MacKinnon s’intéresse au développement des enfants en ciblant les facteurs précoces et modifiables. « Notre objectif est d’identifier les facteurs de risque et de protection sur lesquels il est possible d’agir, de développer des programmes adaptés et de les diffuser au sein du système de santé pour mieux soutenir les intervenantes et intervenants dans leur pratique », explique la chercheuse, également professeure à l’Université de Montréal.
Malgré son importance, la santé mentale périnatale demeure parfois difficile à aborder en contexte clinique. « Certaines personnes soignantes hésitent à parler de santé mentale avec les futurs ou nouveaux parents, par crainte de ne pas savoir comment intervenir ou de susciter un malaise », poursuit la chercheuse. « Pourtant, ouvrir le dialogue est essentiel pour créer un climat de confiance et permettre une prise en charge adaptée. »
Un levier pour le réseau de la santé
Dans ce contexte, les résultats préliminaires de l’évaluation suggèrent que le programme constitue un outil structurant pour soutenir les pratiques en santé mentale périnatale. En facilitant l’accès à des savoirs spécialisés et en favorisant le partage d’expertise entre intervenantes et intervenants, ce modèle de formation à distance représente une avenue prometteuse pour renforcer, à long terme, la capacité du réseau de la santé à répondre aux besoins des familles à travers la province.
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La chercheuse Anna MacKinnon, à droite, avec l'étudiante Clara Vincent, première autrice de l'étude. © CHU Sainte-Justine (Véronique Lavoie)