La Dre Hallie Coltin et la chercheuse et psychologue Pre Leandra Desjardins obtiennent une subvention de 522 150 $ sur trois ans pour mener un projet de recherche sur la santé mentale des pères d’enfants atteints de cancer, une réalité encore peu étudiée.
Une réalité encore méconnue
Lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic de cancer, les répercussions se font sentir bien au-delà de la maladie elle-même. Les parents doivent composer avec les traitements, l’incertitude, les bouleversements du quotidien et la crainte constante pour l’avenir de leur enfant. Pourtant, alors que les besoins psychologiques des enfants et des mères ont fait l’objet de nombreuses études, ceux des pères demeurent largement méconnus. « Les pères jouent un rôle essentiel tout au long du parcours de soins de l’enfant, mais leur expérience est souvent absente de la recherche. Mieux comprendre les défis auxquels ils font face est une étape importante pour offrir un soutien adapté à leurs besoins », souligne la Dre Coltin.
Une étude conçue avec les pères
Le projet a été développé en partenariat avec des pères dont l’enfant a reçu un diagnostic de cancer, ainsi qu’avec des organismes communautaires et des personnes représentant les patientes et patients. Cette approche collaborative a permis de cibler les enjeux jugés les plus importants par les principaux intéressés et de réunir une équipe multidisciplinaire formée de professionnelles et professionnels provenant du Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte Justine, de l’Université de Montréal, de l’Institut national de santé publique du Québec et du Centre for Addiction and Mental Health.
L’étude comportera deux volets complémentaires. Le premier reposera sur l’analyse de données administratives de santé concernant plus de 9 600 pères québécois dont un enfant a reçu un diagnostic de cancer. Les chercheuses examineront notamment les consultations hospitalières liées à des problèmes de santé mentale et les décès par suicide, puis compareront ces résultats à ceux observés chez les pères de la population générale.
Le second volet consistera en un sondage mené à l’échelle du Québec auprès de pères d’enfants atteints de cancer. Celui-ci permettra de dresser un portrait plus détaillé de leur expérience en évaluant notamment les symptômes de dépression, d’anxiété, de stress post-traumatique, la consommation de substances et la colère. L’équipe tentera également d’identifier les facteurs associés à une plus grande vulnérabilité psychologique afin de mieux comprendre quels pères sont les plus à risque.
Mieux comprendre pour mieux agir
Les résultats permettront de combler un important manque de connaissances dans le domaine du cancer pédiatrique. Ils contribueront à mieux reconnaître la détresse psychologique que peuvent vivre les pères, à orienter le développement de ressources adaptées et à soutenir les services.
« Derrière chaque enfant atteint de cancer se trouve une famille entière qui s’adapte, s’inquiète et avance au jour le jour. En donnant une plus grande place au vécu des pères, nous espérons contribuer à un accompagnement mieux adapté pour toutes les familles touchées par la maladie », conclut Leandra Desjardins.