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mardi 2 mars 2010

L’homme moderne, l’Homo sapiens : généralement monogame, modérément polygame

Montréal, 26 février 2010 - Les femmes et les hommes ont-ils contribué également au bagage génétique des populations humaines contemporaines? Les ancêtres de l’Homo sapiens, l’homme moderne, étaient-ils plutôt polygames ou monogames? Pour répondre à ces questions, le Dr Damian Labuda, chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et professeur au département de pédiatrie de l’Université de Montréal et ses collègues, ont analysé les données génomiques de trois échantillons de populations d’origine africaine, asiatique et européenne. Les résultats de cette étude sont publiés dans la récente édition de la revue The American Journal of Human Genetics.

Histoire génétique des populations
Dans une population strictement monogame, on s’attend à retrouver le même nombre de femmes que d’hommes participant à la reproduction et donc, un sexe-ratio de reproduction d’une femme pour un homme. Dans une population où les hommes ont plus d’une femme, plus de femmes que d’hommes contribuent à la reproduction et ainsi, le ratio de reproduction devient plus grand que 1. Les auteurs de cette étude ont estimé un ratio de reproduction variant entre 1,1 et 1,4, selon la population : 1,1 en Asie, 1,3 en Europe et 1,4 en Afrique.

L’homme moderne, l’Homo Sapiens, aurait donc été généralement monogame tout en montrant des tendances à la polygamie au cours de son histoire évolutive. Ces résultats sont en accord avec les études de psychologie évolutive et d’anthropologie décrivant les populations humaines contemporaines.

Une méthode d’analyse innovatrice
Pour estimer le sexe-ratio de reproduction à partir de données génomiques, les auteurs ont élaboré une nouvelle méthode qui tire profit du fait que les femmes portent deux chromosomes X, alors que les hommes n’en portent qu’un seul. Par conséquent, durant le processus de la recombinaison, les chromosomes X ne peuvent échanger leur information génétique que chez la femme. Un excès de femmes participant à la reproduction cause un excès de signaux génétiques de la recombinaison au niveau des chromosomes X qui peuvent être quantifiés. Cette nouvelle méthode est plus fiable que les approches précédentes qui quantifiaient le ratio de reproduction d’une autre façon. Elle pourra être appliquée à toute autre espèce pour laquelle les données sur la diversité génomique sont disponibles.

« Nos résultats permettent de mieux comprendre la structure génétique des populations, ce qui démontre encore une fois l’importance de la génomique des populations en épidémiologie génétique. Avec cette nouvelle approche, nous sommes à même d’analyser le rapport homme-femme dans l’histoire de l’humanité et ainsi de mieux nous comprendre par la connaissance de notre passé », explique Dr Damian Labuda.

Autre source / renseignements

Nicole Saint-Pierre
CHU Sainte-Justine
514 345-4931, poste 2555
nicole_saint-pierre@ssss.gouv.qc.ca

Personnes nommées dans le texte
Notes

À propos de l’étude
L’article« Plasmodium falciparum genome-wide scans for positive selection, recombination hot spots and resistance to antimalarial drugsFemale-to-Male Breeding Ratio in Modern Humans – an Analysis Based on Historical Recombinations », publié dans la revue The American Journal of Human Genetics est signé par Damian Labuda, Jean-François Lefebvre, Philippe Nadeau et Marie-Hélène Roy-Gagnon, le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, ainsi que le Département de pédiatrie et le Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal.

Sur le Web
Article paru dans The American Journal of Human Genetics http://eproof.dartmouthjournals.com/pdfproofing/ajhg0577_r_sdjte1.pdf

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
www.chu-sainte-justine.org/recherche/

À propos de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal
www.med.umontreal.ca

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Mise à jour le 17 novembre 2014
Créée le 17 novembre 2014
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