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jeudi 18 février 2010

La génomique pour contrer la résistance à la malaria

Montréal, le 16 février 2010 – Les scientifiques viennent de remporter une victoire capitale dans leur combat contre la malaria (paludisme). Selon une étude publiée dans Nature Genetics, une équipe internationale de chercheurs a utilisé la génomique pour décoder le génome de Plasmodium falciparum – la souche de malaria la plus résistante aux médicaments et responsable de la majorité des décès dus à cette maladie. Cette découverte pourrait déboucher sur la mise au point d’outils pharmaceutiques avancés pour combattre cette maladie et empêcher le développement de résistances aux médicaments parmi les 250 millions de personnes infectées chaque année par le parasite de la malaria.

« La lutte contre la résistance aux antipaludéens se compare à une véritable course aux armements, explique l’auteur principal de cette étude, le Dr Philip Awadalla, professeur de pédiatrie à l’Université de Montréal, chercheur au CHU Sainte-Justine et directeur scientifique de CARTaGENE. Plus les pathogènes du paludisme évoluent, plus les chercheurs doivent rivaliser d’ingéniosité pour trouver les moyens de combattre la maladie. »

L’équipe de recherche a décodé 200 échantillons de paludisme provenant d’Asie, d’Afrique, d’Amérique centrale et de Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’objectif était d’identifier les mécanismes permettant aux souches de Plasmodium falciparum de devenir résistantes aux huit antipaludéens faisant actuellement partie de l’arsenal thérapeutique contre la malaria. « Il existe de grandes différences génétiques entre les souches de paludisme dans le monde, fait remarquer le Dr Awadalla, qui souligne que les souches asiatiques diffèrent des souches africaines. Il s’est produit un ensemble de variations génétiques, les gènes se sont différenciés dans le temps et l’espace et en fonction de la sélection des environnements, des pressions immunitaires et de l’exposition aux médicaments. »

En cartographiant le génome du Plasmodium falciparum, l'équipe de chercheurs a découvert que le parasite s'est recombiné plus rapidement en Afrique. Le Dr Awadalla compare les génomes de la malaria aux génomes humains : dans les deux cas, on observe des signes d’évolution adaptative.

Pour la malaria, l’arsenal des variations au niveau de certains gènes est tellement élevé et évolue à une telle vitesse que cela permet au parasite de développer des résistances aux médicaments ou encore d’échapper au système immunitaire humain. Les indices recueillis par cette étude devraient permettre, selon lui, « donner aux entreprises pharmaceutiques les moyens de créer des traitements qui ciblent le génome évolutif du paludisme. »

Parmi les collaborateurs de cette étude figurent des chercheurs de l’Université de Calgary au Canada, du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, des Rocky Mountain Laboratories et de l’Université de Pennsylvanie aux États-Unis, de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni, de l’Université Mahidol en Thaïlande, de l’Université de Guangzhou en Chine et du Centre national de parasitologie, entomologie et de lutte contre le paludisme du Cambodge.

Autre source / renseignements

Sylvain-Jacques Desjardins
Attaché de presse international
Université de Montréal
514 343-7593
sylvain-jacques.desjardins@umontreal.ca

Notes

A propos de la malaria
Le paludisme, ou la malaria, est dû à un parasite transmis par les moustiques qui en sont porteurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé, il se manifeste par de la fièvre, des maux de tête et des vomissements. Ces symptômes apparaissent généralement dix à quinze jours après la piqûre de moustique. En l’absence de traitement, le paludisme peut être dangereux pour la vie et tue selon les estimations cinq millions de personnes par an.

Partenaires de recherche
Cette étude a été financée par le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (États-Unis), les Instituts de recherche en santé du Canada (Canada), la National Academies Keck Futures Initiative (États-Unis), le programme scientifique Frontière humaine (France), le Wellcome Trust (R.-U.) et le Programme national de recherche fondamentale de Chine.

À propos de l’étude
L’article « Plasmodium falciparum genome-wide scans for positive selection, recombination hot spots and resistance to antimalarial drugs », publié dans la revue Nature Genetics, est signé par Philip Awadalla et Rachel A. Myers, pour l’Université de Montréal et le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine qui lui est affilié (Canada); May Ho de l’Université de Calgary (Canada); Jianbing Mu, Hongying Jiang, Thomas E. Wellems, Rick M. Fairhurst, Xin-zhuan Su, Michael Waisberg et Shengfa Liu du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (États-Unis); Stacy Ricklefs, Daniel E. Sturdevant, Stephen F. Porcella des Rocky Mountain Laboratories, (États-Unis); Liwang Cui de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis); Nicholas J. White de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni); Kesinee Chotivanich, Polrat Wilairatana, Srivicha Krudsood et Rachanee Udomsangpetch de l’Université Mahidol (Thaïlande); Fengzhen Ou, Haibo Li, Jianping Song, Guoqiao Li, Xinhua Wang, de la faculté de médecine chinoise de l’Université de Guangzhou (Chine); Suon Seila, Sreng Sokunthea et Duong Socheat du Centre national de parasitologie, entomologie et de lutte contre le paludisme (Cambodge).

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Mise à jour le 17 novembre 2014
Créée le 17 novembre 2014
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