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lundi 31 mai 2010
Communiqué de presse

La prise d’antidépresseurs pendant la grossesse augmente le risque de fausse couche

Montréal, le 31 mai 2010 - Selon une nouvelle étude parue dans le CMAJ  (Canadian Medical Association Journal ), la prise d’antidépresseurs pendant la grossesse augmente le risque global de fausse couche de 68 %.

L’usage d’antidépresseurs est très répandu pendant la grossesse et jusqu’à 3,7 % des femmes les utilisent durant le premier trimestre. L'arrêt du traitement risque de provoquer une rechute dépressive pouvant mettre en danger la santé de la mère et de l’enfant. Dans la plupart des études antérieures portant sur l’emploi d’antidépresseurs pendant la grossesse, la fausse couche n’a pas été retenue comme dénouement clinique, la taille des échantillons était petite et les résultats obtenus étaient contradictoires. Par contre, cette vaste étude avait comme objectif de déterminer le lien entre la prise d’antidépresseurs durant la grossesse, incluant les classes, types et doses, et le risque de fausse couche.

Des chercheurs de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine ont étudié des données sur 5 124 femmes québécoises à partir d’une large cohorte de femmes enceintes ayant eu des fausses couches cliniquement reconnues jusqu’à la 20e semaine de gestation et d’un échantillonnage important de femmes de la même cohorte qui n’ont pas fait de fausse couche. Parmi les femmes ayant fait des fausses couches, 284 (5,5 %) avaient eu recours aux antidépresseurs pendant la grossesse.

Les inhibiteurs sélectifs de la re-capture de la sérotonine (ISRS), particulièrement la paroxétine et la venlafaxine, étaient associés à un risque plus élevé de fausse couche. Cette association était également observée avec des doses plus élevées de l’un ou de l’autre de ces deux antidépresseurs. La combinaison de ces anti-dépresseurs doublait le risque de fausse couche.

« Ces résultats, qui suggèrent un effet de classe global des inhibiteurs sélectifs de la re-capture de la sérotonine, sont bien fondés vu le grand nombre d’utilisatrices d’antidépresseurs ayant participé à l’étude », précise Dre Anick Bérard, de l’Université de Montréal et directrice de l’Unité de recherche sur les médicaments et la grossesse du CHU Sainte-Justine.

Les chercheurs conseillent vivement aux médecins qui suivent des patientes prenant des antidépresseurs ou des femmes enceintes dont l’état nécessite la prise d’antidépresseur tôt dans la grossesse, de discuter avec elles des risques et des bénéfices de la consommation d’antidépresseurs.

Dans un commentaire connexe de l’étude, Mme Adrienne Einarson, directrice adjointe du Programme Motherisk du Toronto Sick Children Hospital écrit : « Il n’y a pas de règle d’or pour étudier l’innocuité des médicaments durant la grossesse parce que chaque méthode a ses forces et ses faiblesses » et les résultats peuvent varier d’une étude à l’autre. Dans cette étude, il manquait de données relatives à d’importants facteurs potentiels influençant les résultats de l’étude. Toutefois, les résultats globaux sur la prise d’antidépresseurs durant la grossesse et le risque de fausse couche, en dépit des différentes méthodologies, sont presque identiques à une étude Motherisk publiée en 2009 et qui portait sur 937 femmes.

Research http://www.cmaj.ca/cgi/doi/10.1503/cmaj.091208
Commentary http://www.cmaj.ca/cgi/doi/10.1503/cmaj.100507

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Nicole Saint-Pierre
Conseillère en communication Recherche
CHU Sainte-Justine
514 345-4931 poste 2555

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Mise à jour le 17 novembre 2014
Créée le 17 novembre 2014
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