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Centre de recherche
mercredi 1 août 2012
Communiqué de presse

L’opposition dans l’enfance conduirait à la toxicomanie, l’inattention, au tabagisme

L’hyperactivité n’engendrerait aucun risque d’abus de substances

Montréal, Canada, le 1er août 2012 – Les enfants oppositionnels risquent de développer une dépendance à la nicotine, au cannabis et à la cocaïne. Les symptômes d’inattention représentent un risque additionnel spécifique de dépendance au tabac. En revanche, l’hyperactivité en elle-même ne semble pas représenter de facteur de risque particulier. C’est ce que concluent des chercheurs du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal dans une étude populationnelle de 15 ans publiée dans Molecular Psychiatry.

Afin de départager le rôle joué par l’inattention, l’hyperactivité, l’opposition, l’anxiété et l’adversité, les comportements de 1803 enfants (dont plus de la moitié de filles) ont été évalués chaque année par leur mère et leurs enseignants entre l’âge de 6 ans et de 12 ans. L’étude révèle que, parvenus à l’âge de 21 ans, 13,4 % abusaient de l’alcool, 9,1 % du cannabis et 2,0 % de la cocaïne, ou en étaient dépendants, tandis que 30,7 % avaient développé une dépendance au tabac.

Le lien entre la présence d’un trouble de déficit de l'attention/hyperactivité (TDA/H) dans l’enfance et l’abus de substances à l’âge adulte était déjà connu. Toutefois, le rôle respectif de l’inattention d’une part, de l’hyperactivité de l’autre, mais aussi d’autres symptômes comportementaux souvent concomitants aux TDA/H sans en faire partie, comme l’opposition, avait peu été étudié, sans compter qu’au moins autant de filles que de garçons ont été échantillonnés pour vérifier un éventuel impact du sexe sur les résultats.

« En tenant compte de l’effet unique de l’inattention et de l’hyperactivité, qui ont rarement été considérés séparément auparavant, nous nous sommes rendu compte que le lien entre les symptômes du TDA/H dans l’enfance et l’abus de substances à l’âge adulte était surestimé, et que l’hyperactivité en soi ne semble pas, dans cette étude, prédisposer à de futurs abus de substances », observe Dr Jean-Baptiste Pingault, postdoctorant et premier auteur de l’étude, réalisée sous la supervision de Drs Sylvana Côté et Richard E. Tremblay, chercheurs au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et professeurs à l’Université de Montréal.

« C’est plutôt une forte opposition qui est associée à l’abus de cannabis et de cocaïne. Dans les symptômes du TDA/H, seuls les symptômes d’inattention sont fortement corrélés avec le tabagisme », poursuit-il. Quant à l’impact du sexe sur les résultats, l’étude révèle que le rôle de l’opposition et de l’inattention est largement le même pour les filles et les garçons. Toutefois, toujours dans le cadre de l’étude, il s’est avéré que les garçons consomment plus de cannabis et d’alcool, tandis que les filles consomment davantage de tabac.

Opposition et toxicomanie
Le plus fort indicateur comportemental d’un abus de substances réside dans de fréquentes manifestations d’opposition dans l’enfance, reconnaissables à des traits comme l’irritabilité, la facilité à s’emporter, la désobéissance, le refus de partager du matériel avec autrui pour accomplir une tâche et la propension à blâmer les autres ou à ne pas manifester d’égard pour eux. En effet, chez les enfants fortement oppositionnels, le risque d’abuser du tabac une fois les autres facteurs pris en compte est 1,4 fois plus élevé que chez les enfants peu oppositionnels. Ce risque est même 2,1 fois plus élevé en ce qui concerne l’abus de cannabis, et 2,9 fois plus élevé en ce qui concerne l’abus de cocaïne. Fait à noter, l’évaluation des mères apporte un complément d’information essentiel par rapport à celle des enseignants. En effet, certains enfants qui sont déclarés fortement oppositionnels par la mère mais pas du tout par l’enseignant sont aussi à risque plus élevés d’abus et de dépendance.

Inattention et tabagisme
L’autre corrélation importante établie par l’étude est le lien entre l’inattention et le tabagisme. Les enfants très inattentifs ont un risque 1,7 fois plus élevé de développer une dépendance au tabac. Le degré d’inattention est même révélateur de l’intensité de la future dépendance à la nicotine. Ce lien étaie l’hypothèse selon laquelle les inattentifs utiliseraient le tabac comme « traitement » pour se concentrer.

« Si d’autres études peuvent établir un lien de cause à effet chimique entre les symptômes du TDA/H et le tabagisme, on pourrait supposer que le traitement des symptômes de l’inattention faciliterait la cessation de l’usage du tabac. Jusqu’à ce que cette démonstration soit faite, les résultats de notre étude laissent tout de même présager que la prévention ou le traitement des symptômes d’inattention et d’opposition chez les enfants pourrait réduire le risque de tabagisme et de toxicomanie à l’âge adulte », conclut Dr Pingault.

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Autre source / renseignements

Entrevues
Dr Jean-Baptiste Pingault est disponible pour des entrevues en français et en anglais sur rendez-vous.

Contact médias
William Raillant-Clark, attaché de presse international, Université de Montréal
+ 1 514 343-7593
w.raillant-clark@umontreal.ca

Source
Marise Daigle, conseillère en communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Personnes nommées dans le texte

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Il réunit une équipe de plus de 1200 personnes, dont plus de 200 chercheurs et 450 étudiants de cycles supérieurs qui font de la recherche fondamentale, clinique, translationnelle et évaluative en santé pédiatrique et maternelle. Axés sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, ses travaux s’inscrivent sous les axes de recherche Avancement et devenir en santé, Maladies du cerveau, Maladies musculosquelettiques et sciences du mouvement, Maladies virales, immunitaires et cancers, Pathologies fœtomaternelles et néonatales et Santé métabolique. Le Centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième en importance en Amérique du Nord.

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Mise à jour le 6 novembre 2014
Créée le 6 novembre 2014
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