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Centre de recherche
lundi 22 juin 2015
Communiqué de presse

La fumée secondaire s’avère plus nocive pour les tout-petits qu’on l’avait pensé

Des scientifiques publient la première étude établissant un lien entre le tabagisme à la maison et le gain de poids subséquent chez les enfants de 10 ans

MONTRÉAL, le 22 juin 2015 – Les jeunes enfants dont les parents fument à la maison risquent d’avoir un tour de taille plus grand et un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé à l’âge de 10 ans, révèlent des scientifiques de l’Université de Montréal et du Centre de recherche CHU Sainte-Justine affilié. «Nous soupçonnons que nos statistiques sous-estiment le lien entre l’obésité juvénile et l’exposition au tabagisme des parents, car les parents éprouvent une certaine gêne à déclarer leur vraie consommation de tabac, explique la professeure Linda Pagani, qui a dirigé l’étude. À l’âge de 10 ans, les enfants qui ont été exposés à la fumée de manière intermittente ou continue risquent d’avoir un tour de taille jusqu’à trois cinquièmes de pouce plus grand que la moyenne. Et leur IMC risque d’être plus élevé de 0,48 à 0,81 point. Cette association prospective est presque aussi forte que l’effet du tabagisme pendant la grossesse.» Dans le monde, 40% des enfants sont exposés à de la fumée secondaire à la maison.

L’étude de Linda Pagani est la première à isoler spécifiquement l’effet de la fumée secondaire. Les études antérieures ne tenaient pas compte d’autres facteurs familiaux susceptibles d’influer sur le poids de l’enfant, comme la santé mentale des parents et ses incidences sur leurs choix de mode de vie. Pour mener leur recherche, Linda Pagani et son équipe ont analysé les données de l’Étude longitudinale du développement des enfants au Québec, une vaste enquête sur des enfants nés dans la province, dont les parents et les enseignants ont accepté de fournir des renseignements sur leur développement, bien-être, mode de vie, milieu social et comportement. Les effets ont été constatés en comparant les comportements de 2 055 familles et les résultats des enfants.

Bien qu’à première vue la différence de poids ne semble pas très importante, celle-ci survient à une période critique du développement de l’enfant, le «rebond d’adiposité». Le gain de poids pourrait donc avoir de sérieux effets à long terme. Linda Pagani avance plusieurs hypothèses pour expliquer qu’il y a peut-être une relation de cause à effet derrière cette corrélation.

«L’exposition à la fumée secondaire durant la petite enfance pourrait provoquer des déséquilibres endocriniens et altérer le fonctionnement neurodéveloppemental à cette période critique du développement de l’hypothalamus, ce qui pourrait endommager des systèmes vitaux qui croissent et se développent énormément après la naissance et jusqu’au milieu de l’enfance, soit la période sur laquelle s’est concentrée notre étude, explique-t-elle. Les mécanismes par lesquels la fumée secondaire à la maison nuit aux processus immunitaires, neurodéveloppementaux et cardiovasculaires sont multiples et transactionnels. Par exemple, les jeunes enfants ont des besoins de ventilation par kilogramme de poids corporel deux à trois fois plus élevés que les adultes, parce que leurs systèmes vitaux sont immatures; les effets nocifs d’une pièce enfumée sont donc beaucoup plus aigus pour un enfant que pour un adulte. Nos résultats soulignent l’importance des initiatives de santé publique et de sensibilisation des parents visant à réduire l’exposition à la fumée secondaire à la maison durant les périodes critiques de la petite enfance.»

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 180 chercheurs, dont plus de 90 cliniciens, ainsi que 350 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord.
Détails au recherche.chusj.org

Autre source / renseignements

William Raillant-Clark
Attaché de presse à l’international
Université de Montréal
Tél. : 514 343-7593 | w.raillant-clark@umontreal.ca | @uMontreal

Personnes nommées dans le texte
À propos de cette étude

Linda Pagani, Ph.D., A.K. Danny Nguyen et Caroline Fitzpatrick, Ph.D., ont publié «Prospective associations between early long-term household tobacco smoke exposure and subsequent indicators of metabolic risk at age 10» dans Nicotine and Tobacco Research, une revue Oxford. Linda Pagani est professeure titulaire à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

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Mise à jour le 23 juin 2015
Créée le 22 juin 2015
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