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mardi 31 mars 2015
Communiqué de presse

Microbes socialement transmissibles : Quand santé intestinale et amitié se confondent

MONTRÉAL, 31 mars 2015 – «Qui se ressemble s’assemble», dit le proverbe. Chez les babouins, cette règle semble avoir été prise à la lettre : au fil du temps, leurs bactéries intestinales, ou biomes, finissent par se ressembler. Les chercheurs croient même qu’un phénomène semblable se produit chez l’humain. «Nos relations sociales, en particulier nos contacts interpersonnels, ont probablement aussi un rôle important à jouer dans la transmission de microbes intestinaux chez l’humain», souligne la co-auteure de l’étude Elizabeth Archie, de la University of Notre Dame. «Ça signifie que les personnes avec lesquelles vous avez le plus de contacts physiques, c’est-à-dire vos proches, vos enfants, vos amis, sont des sources de bactéries susceptibles de façonner votre microbiome et peut-être même d’en influencer le fonctionnement.»

À vrai dire, les chercheurs savaient déjà que les personnes vivant sous le même toit ont un biome similaire. Ce qui leur échappe, c’est le processus de transmission.

L’Amboseli Baboon Research Project (ABRP) est une étude dans le cadre de laquelle les chercheurs ont suivi durant de nombreuses années les babouins sauvages du Kenya. Depuis 1971, l’étude leur a permis d’étudier les habitudes de vie d’une centaine d’entre eux et d’obtenir des données très détaillées sur leurs relations sociales, leur alimentation, leur habitat et leurs liens génétiques. «Pour comprendre le microbiome, nous avons collaboré avec Luis Barreiro, du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal et Ran Blekhman de la University of Minnesota», poursuit Elizabeth Archie. «Plus précisément, nous avons recueilli les échantillons fécaux de babouins connus. Nous avons ensuite extrait l’ADN de ces échantillons, sachant que 99% de l’ADN présent dans un échantillon fécal provient de bactéries. Nous avons ensuite utilisé de nouveaux outils génomiques pour identifier quelles espèces de bactéries étaient hébergées par chacun des babouins.» Afin d’étudier les relations sociales des babouins, les chercheurs les ont observés durant une année, et ils ont consigné les données dès que deux babouins se mettaient à s’épouiller l’un l’autre.

Les résultats de l’étude soulèvent la question suivante : les microbes socialement transmissibles sont-ils une bonne ou une mauvaise chose?

«Nous savons déjà que les relations sociales jouent un rôle important dans la transmission de maladies», indique la chercheure. «Par exemple, si vous avez la grippe, vous l’avez probablement attrapée d’un membre de votre famille ou d’un collègue de travail. Nos résultats suggèrent que de bonnes bactéries peuvent tout aussi bien se transmettre à travers nos réseaux sociaux. Par conséquent, les relations sociales pourraient donner accès à de bonnes bactéries susceptibles d’améliorer la santé intestinale. Notre prochaine étape consistera à vérifier si les microbes socialement transmissibles sont bons ou mauvais pour leur hôte.»

Alors, comment ça fonctionne?

«Lorsque des babouins s’épouillent, ils passent au peigne fin le pelage de leur compagnon afin d’en dénicher les parasites, la saleté ou les peaux mortes. Parfois, ils en portent à leur bouche», précise la chercheure. «Durant les chaleurs, les mâles et les femelles passent beaucoup de temps autour de la région génitale,» ajoute la co-auteure de l’étude Jenny Tung, de la Duke University. Selon les chercheurs, se câliner, s’enlacer ou s’adonner à un contact physique quelconque pourrait jouer un rôle dans l’échange de germes intestinaux, notamment après avoir touché des surfaces telles qu’un lavabo ou une chasse d’eau.

Ragoûtant, n’est-ce pas?

Cet article a été préparé à partir de contenus fournis par la Duke University et la University of Notre Dame.

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Source
Université de Montréal
Renseignements
William Raillant-Clark
Attaché de presse à l’international
Tél. : 514 343-7593
w.raillant-clark@umontreal.ca
@uMontreal
Personnes nommées dans le texte
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Mise à jour le 31 mars 2015
Créée le 31 mars 2015
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