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Centre de recherche
mardi 20 septembre 2016

Dépression maternelle et santé mentale des enfants dans les pays à revenu faible et intermédiaire

MONTRÉAL, le 20 septembre 2016 – La revue The Lancet Psychiatry publie cette semaine l'article «Maternal depression and mental health in early childhood: an examination of underlying mechanisms in low-income and middle-income countries». Portant sur la dépression maternelle et sur la santé mentale de la petite enfance, l'article fait partie d'une série publiée dans cette prestigieuse revue. L’auteure principale de cet article, Catherine Herba, professeure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et chercheure au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, expose les conclusions d’une revue de littérature menée par une équipe de chercheurs internationaux. Leurs observations rappellent celles qu’on trouve dans l’article «Epidemiology of maternal depression, risk factors, and child outcomes in low-income and middle-income countries»  de Gelaye et al.*, également publié dans la même série, qui faisait ressortir que la prévalence de la dépression maternelle dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où vivent aujourd’hui la majorité des enfants, est de deux à trois fois plus élevée que dans les pays à revenu élevé.

Dans leur article «Maternal depression and mental health in early childhood: an examination of underlying mechanisms in low-income and middle-income countries», la professeure Herba, de l’UQAM, et ses collaborateurs, Vivette Glover, professeure à l’Imperial College London, Paul Ramchandani, professeur à l’Imperial College London et la Dre. Marta Rondon, psychiatre et professeure à l’Université Cayetano Heredia du Pérou, utilisent le modèle biopsychosocial pour illustrer comment la dépression maternelle, pré et post natale, peut, par association et malgré des mécanismes différents, compromettre le développement de l’enfant. Notamment, ils soulignent que si les mécanismes associant la dépression maternelle et ses conséquences sur le développement de l’enfant sont probablement semblables dans les pays à revenu élevé et dans les pays à revenu faible et intermédiaire, le contexte de la dépression n’est, quant à lui, probablement pas le même. Cela fait écho aux observations de Gelaye et al.* qui ont démontré que dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, les mères sont parfois confrontées à des défis supplémentaires : risques accrus sur la santé (carences nutritionnelles et plus grande prévalence de maladies comme le VIH ou la tuberculose, par exemple) et contexte socioéconomique et politique du pays (violence conjugale, maltraitance des enfants, faible niveau d’éducation de la mère et de son statut socioéconomique, manque de soutien social, violence politique, etc.).

«Dans ce contexte, il sera important de mieux comprendre les facteurs et les processus en cause pour concevoir des interventions plus efficaces», affirme la professeure Catherine Herba.

Coauteure de l’étude, la professeure Vivette Glover, souligne que «pendant la grossesse, la dépression maternelle peut influer sur le développement de l’enfant en modifiant la fonction placentaire, en amenant des changements dans l’expression des gènes chez l’enfant et en générant une plus grande réactivité au stress. De plus, des carences alimentaires et des infections chez la mère, auront aussi une  influence sur les résultats».

Le professeur Ramchandani signale qu’un des  défis majeurs pour la recherche dans ce domaine «consistera à démêler la nature complexe de la dépression et son interaction avec d’autres facteurs de risque connexes, comme les carences nutritionnelles, les infections graves tel le VIH, et d’autres éléments psychosociaux».

La Dre Rondon, co-chercheure de l’étude, indique que «les stratégies visant à résoudre le problème de la dépression maternelle nécessiteront probablement une approche sociale à multiples facettes pouvant traiter d’une multitude d’enjeux y compris la violence contre les femmes et les enfants, la pauvreté, un faible niveau d’éducation et un accès inéquitable aux services de santé».

«De telles études longitudinales, dans lesquelles on intègre des données biologiques et des données psychosociales, sont importantes pour mieux comprendre comment les enfants exposés à la dépression maternelle peuvent courir un risque accru par rapport à un éventail de difficultés», ajoute la professeure Herba. Elle souligne par ailleurs qu’il serait important de mener des études d’intervention dans les différents pays à revenu faible et intermédiaire pour être en mesure de développer des interventions appropriées qui tiennent compte des facteurs socioculturels, qui varient parfois considérablement dans ces milieux.

À propos de l’étude

L’étude «Maternal depression and mental health in early childhood: an examination of underlying mechanisms in low-income and middle-income countries» a été publiée dans la prestigieuse revue The Lancet Psychiatry le 17 septembre 2016. Les résultats reposent sur des études publiées antérieurement sur la dépression maternelle et le développement de l’enfant. Des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal, de l’Université Cayetano Heredia du Pérou et de l’Imperial College London ont contribué à cette revue de littérature.

 

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Personnes nommées dans le texte
Notes

* Bizu Gelaye, Marta B Rondon, Ricardo Araya, Michelle A Williams: «Epidemiology of maternal depression, risk factors, and child outcomes in low-income and middle-income countries», The Lancet Psychiatry, 17 septembre 2016

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Mise à jour le 20 septembre 2016
Créée le 19 septembre 2016
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