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lundi 28 novembre 2016

Le système immunitaire est influencé par le statut social… et l’accès aux ressources n’est pas en cause!

Une étude publiée dans «Science» démontre que le statut social agit sur le système immunitaire et la réponse aux infections

MONTRÉAL, le 28 novembre 2016 – Le statut social est l’un des facteurs les plus importants pour prédire le risque de maladie et de mortalité chez l’humain et les autres mammifères sociaux. Une nouvelle étude de l’Université de Montréal, de l’Université Duke (É.-U.) et de l’Université Emory (É.-U.) publiée dans Science révèle qu’un statut social précaire peut à lui seul altérer le fonctionnement du système immunitaire, même en l'absence de variation dans l'accès aux ressources ou aux soins de santé ou de comportements à risque pour la santé.

«Bref, deux individus ayant accès aux mêmes ressources alimentaires, aux mêmes soins de santé et affichant les mêmes comportements ont des réponses immunitaires différentes aux infections selon qu’ils ont un statut social élevé ou précaire», résume Luis Barreiro, professeur au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Les macaques, proches cousins de l’humain

Pour démontrer la base biologique de l’influence du statut social sur le système immunitaire, les chercheurs ont combiné la génomique avec la manipulation du statut social chez 45 femelles macaques, une espèce proche des humains qui ont une hiérarchie sociale linéaire et stable.

«Nous avons utilisé les macaques, car il est impossible de mener cette expérimentation sur des humains pour des raisons éthiques évidentes, explique le professeur Barreiro, qui a codirigé l’étude avec la professeure Jenny Tung. Jusqu’à présent, nous avons étudié seulement des femelles, mais nous espérons pouvoir reproduire ces travaux avec des mâles dans un avenir proche.»

Les chercheurs ont donc constitué neuf groupes de cinq femelles qui ont vécu ensemble pendant un an. Après quoi, ils ont reformé de nouveaux groupes afin de bouleverser les rangs de dominance entre les femelles et d’étudier l’effet de ce changement sur leur système immunitaire. Les chercheurs se sont assurés que tous les animaux avaient accès à autant de nourriture que nécessaire et les vétérinaires vérifiaient régulièrement qu’ils n’étaient pas malades ou blessés dans le but de limiter l’incidence de ces variables.

Des réponses immunitaires différentes: inflammatoires versus antivirales

En analysant les résultats, les chercheurs ont découvert que les cellules des macaques ayant un faible statut social réagissaient aux infections avec une réponse pro-inflammatoire plus forte que celle des individus de haut statut social. Une réponse pro-inflammatoire se produit lorsque le système immunitaire provoque de l’inflammation (rougeur, chaleur, gonflement, etc.) afin de neutraliser et d’éliminer les infections d’origine bactérienne ou virale. Une forte inflammation des tissus ou organes infectés peut sauver la vie de l’individu malade, mais une inflammation disproportionnée peut endommager les organes et laisser des séquelles. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi les gens ayant un statut social précaire ont un plus grand risque de souffrir de problèmes cardiovasculaires et de maladies inflammatoires. Pour leur part, les macaques jouissant d’un haut statut social ont manifesté une réponse immunitaire antivirale plus forte que ceux ayant un faible statut social.

Des différences immunitaires réversibles

De plus, les chercheurs ont observé que ces différences de réponses immunitaires étaient réversibles. En effet, quand un macaque au faible statut social accède à un haut statut social, son système immunitaire adopte alors la réponse immunitaire associée à de hauts statuts sociaux.

Que fait-on de ces résultats?

Cette découverte devrait-elle amener nos sociétés à tenter d’aplanir le plus possible les différences de statut social? Le professeur Barreiro n’y croit pas: «L’histoire de l’humanité nous a montré qu’il y aura toujours des inégalités dans les sociétés humaines. À mon avis, la chose à faire est de comprendre le mieux possible comment fonctionne notre système immunitaire, quelles franges de la population sont plus à risque de souffrir d’un type de maladies et de trouver des solutions à cet échelon», conclut-il.

 

À propos de l’étude

N. Snyder-Mackler, J. Sanz, J. N. Kohn, J. F. Brinkworth, S. Morrow, A. O. Shaver, J.-C. Grenier, R. Pique-Regi, Z. P. Johnson, M. E. Wilson, L. B. Barreiro et J. Tung, “Social status alters immune regulation and response to infection in macaques”, Science, 15 novembre 2016.

Cette étude a bénéficié d’une subvention des National Institutes of Health (États-Unis), de la National Science Foundation (États-Unis), du Programme des chaires de recherche du Canada, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et du Fonds de recherche du Québec -Santé.

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 360 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
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Communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
communications@recherche-ste-justine.qc.ca

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Mise à jour le 28 novembre 2016
Créée le 28 novembre 2016
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