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mardi 28 juin 2016

Rechutes de leucémie après une greffe de moelle osseuse: Une infection au cytomégalovirus n’a pas d’effet protecteur

Une vaste étude internationale publiée dans la revue Blood met fin aux espoirs quant à l’effet protecteur du cytomégalovirus avancé par des études récentes, mais de faible envergure

MONTRÉAL, le 28 juin 2016  – Des études récentes réalisées sur un petit nombre de patients atteints de leucémie et traités par greffe de moelle osseuse laissaient présager que la présence du très commun cytomégalovirus (CMV) chez le patient ou son donneur de moelle pouvait protéger d’une rechute, voire d’un décès, après la greffe. Une vaste étude internationale publiée dans la revue Blood, tenant compte des données relatives à quelque 9500 patients greffés dans plus de 400 centres dans le monde entre 2003 et 2010, démontre aujourd’hui le contraire. «Le but initial de cette étude était de confirmer que l’infection au CMV pouvait prévenir les rechutes de leucémie, prévenir les décès et ainsi devenir un outil thérapeutique majeur pour améliorer le taux de survie des patients», explique le Dr Pierre Teira, hématologue-oncologue et chercheur au CHU Sainte-Justine et professeur adjoint de clinique à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, premier auteur de l’article. «Cependant, nous avons observé l’exact opposé. Nos résultats montrent clairement que, malgré les progrès importants faits depuis 20 ans dans la lutte contre les décès directement liés au CMV, ce virus non seulement ne prévient pas les rechutes de leucémie, mais de plus reste un facteur majeur associé au risque de décès. La surveillance du CMV après la greffe demeure une priorité chez les patients.»

Le CMV est un virus banal dans la population en général. En effet, plus de 90% des adultes en sont porteurs. Chez les gens en santé, l’infection au CMV passe en général inaperçue, bien qu’ils gardent en eux le virus en latence durant toute leur vie. En revanche, chez les patients leucémiques recevant une greffe de moelle osseuse, l’infection par le CMV augmente le risque de décès. Pourtant, les réactivations du CMV après la greffe sont rapidement détectées et facilement traitées par les antiviraux actuels. «Les décès imputables à la réactivation incontrôlée du CMV sont quasi nuls dans cette étude. Ce n’est donc pas l’infection au CMV non maîtrisée qui diminue le taux de survie après la greffe. Le lien entre ce virus banal et le risque accru de décès reste un mystère biologique», indique le Dr Teira.

Une piste d’explication serait que le CMV diminuerait la capacité du système immunitaire du patient greffé à lutter contre les autres types d’infections. Cette hypothèse est étayée par le fait que le taux de mortalité par infections autres qu’au CMV est plus élevé chez les patients infectés par le CMV ou dont le donneur l’était. Pour les chercheurs, les prochaines étapes consisteront donc à vérifier si les plus récentes générations de traitements anti-CMV parviennent à la fois à empêcher la réactivation du virus et à prévenir une baisse des défenses immunitaires du patient devant les infections d’autres types en présence d’une infection au CMV. «Le CMV a un impact très complexe sur le devenir des patients greffés et, chaque année, plus de 30 000 patients reçoivent une greffe de moelle osseuse réalisée à partir d’un donneur dans le monde. Il est essentiel de poursuivre les recherches pour mieux comprendre le rôle joué par le CMV après une greffe de moelle et améliorer les chances de succès de la greffe. Cela permettra notamment de mieux choisir le donneur de moelle idéal pour un patient donné», conclut le Dr Teira.

La greffe de moelle osseuse

La greffe de moelle osseuse est utilisée comme traitement chez les patients atteints de leucémie auprès de qui les autres types de thérapies ont échoué. Elle consiste à injecter au patient les cellules souches de sang saines provenant de la moelle osseuse d’un donneur compatible afin que se multiplient les «bonnes» cellules sanguines en remplacement des cellules malades et que se reconstituent les défenses immunitaires pour faciliter la lutte contre la maladie et prévenir les infections.

À propos de cette étude

L’article intitulé «Early cytomegalovirus reactivation remains associated with increased transplant related mortality in the current era: a CIBMTR analysis» a été publié en ligne dans la revue Blood. L’étude a été menée grâce au registre de patients greffés du Center for International Blood and Marrow Transplant Registry (CIBMTR), qui collecte toutes les données relatives aux patients et à leurs donneurs pour les greffes effectuées dans plus de 400 centres dans le monde. Le Dr Pierre Teira est hématologue-oncologue et chercheur au CHU Sainte-Justine et professeur adjoint de clinique à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Cette recherche a été financée par les National Institutes of Health et la Health Resources and Services Administration des États-Unis, qui financent le CIBMTR.

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses en médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 385 postdoctorants et étudiants des cycles supérieurs.Le Centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant du Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

CHU Sainte-Justine et Université de Montréal

Personne-ressource auprès des médias:

Marise Daigle, communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
marise.daigle@recherche-ste-justine.qc.ca
514-345-4931, poste 3256

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Mise à jour le 28 juin 2016
Créée le 28 juin 2016
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