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Centre de recherche
jeudi 17 août 2017
Communiqué de presse

Un traitement contre l’asthme associé à des effets secondaires neuropsychiatriques

Une pharmacovigilance s’impose pour identifier les patients à risque

MONTRÉAL, le 17 août 2017 – Environ 16 % des enfants asthmatiques ont cessé leur traitement au montélukast en raison d’effets secondaires neuropsychiatriques importants selon une nouvelle étude menée par des chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal, publiée dans l’European Respiratory Journal. Même si le médicament est généralement bien toléré, de précédentes études post-commercialisation ont rapporté des effets indésirables sur l’humeur et le comportement comme l’irritabilité, l’agressivité et les troubles du sommeil, chez certains patients. Cependant, très peu de données sur l’incidence des effets secondaires suffisamment sévères pour conduire à l’arrêt de la médication étaient disponibles.

L’étude visait une cohorte de 106 enfants asthmatiques âgés de 1 à 17 ans ayant été initiés au montélukast, aussi connu sous le nom Singulair®, un médicament utilisé dans le traitement de l’asthme soit comme substitut ou en ajout aux corticostéroïdes inhalés (CSI). La cohorte a été jumelée à une cohorte contrôle regroupant des enfants traités uniquement par CSI. « On a interviewé les parents avec un questionnaire standardisé afin de vérifier si leur enfant avait expérimenté des effets secondaires avec des médicaments pour l’asthme et si oui, d’identifier lesquels et les circonstances liées à l’évènement », souligne la Dre Francine M. Ducharme, pédiatre et auteure principale de l’étude. « Nous avons également récolté des données quant au type de symptômes, au délai d’apparition des effets indésirables, au délai entre l’arrêt du médicament et la résolution du problème, à la réapparition des effets indésirables si le médicament était repris, et aux facteurs de risque comme les conditions médicales personnelles et familiales ». Après l’analyse des données, l’équipe de recherche a constaté qu’environ 1 enfant sur 6 (16 %) traité par le montélukast avait éprouvé des effets secondaires neuropsychiatriques l’obligeant à cesser sa médication, et ce, généralement dans les 14 jours suivant le début du traitement.

Le montélukast est le 8e médicament le plus utilisé par les enfants canadiens et le 3e médicament le plus prescrit dans l’asthme après les inhalateurs de salbutamol (ex. : Ventolin®) et certains CSI. « Il est primordial d’informer les parents et les professionnels de la santé sur l’importance de rester vigilants à des changement de comportement ou d’apparition de trouble du sommeil dans les jours suivants le début du traitement. Ils doivent considérer le montélukast comme étant possiblement à l’origine de ces changements », soulève M. Denis Lebel, pharmacien et responsable de la pharmacovigilance au CHU Sainte-Justine. « Nous suggérons une période d’observation étroite de 2 à 4 semaines ».

À ce jour, cesser sa médication reste la recommandation médicale clé en cas de tels effets secondaires. Le meilleur moyen pour confirmer une relation de cause à effet est d’observer une disparition des symptômes après l’arrêt du médicament et une reprise des symptômes avec sa réintroduction. « En sachant que le délai moyen pour observer une disparition des symptômes lorsqu’arrêté rapidement est de 2 jours, si le changement de comportement persiste après l’arrêt ou ne reprend pas après la réintroduction du médicament, on doit considérer que celui-ci est plutôt dû à un autre événement dans la vie de l’enfant comme des difficultés scolaires ou familiales », ajoute la Dre Ducharme.

L’asthme est la maladie chronique la plus fréquente chez les enfants, affectant entre 10 % et 15 % des enfants canadiens. Le montélukast reste un excellent médicament de deuxième intention et ne doit pas être abandonné sans raison valable. « Nous ignorons les facteurs qui prédisposent certains enfants à expérimenter des effets indésirables, mais nous croyons qu’il pourrait y avoir une composante génétique, d’où l’intérêt de poursuivre nos recherches », conclut la Dre Ducharme.

À propos de l’étude

L’article « Benard B, Bastien V, Vinet B, et al. Neuropsychiatric adverse drug reactions in children initiated on montelukast in real-life practice. Eur Respir J 2017; 50: 1700148 » a été publié en ligne dans l’European Respiratory Journal le 17 août 2017. La première auteure est Brigitte Bénard, étudiante en médecine à l’Université de Montréal. L’auteure principale est la Dre Francine Ducharme, directrice de la clinique d’asthme et chercheure au CHU Sainte-Justine, et professeure au Département de pédiatrie et au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal. Cette étude a été réalisée par l’Unité de recherche clinique et de transfert des connaissances sur l’asthme pédiatrique (RECAP) du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et a été rendue possible grâce à la collaboration de nombreux parents d’enfants asthmatiques suivis à la Clinique d’asthme du CHU Sainte-Justine. Cette étude a été financée par des dons ayant permis la création de la Chaire pédiatrique en recherche clinique et en transfert des connaissances sur l’asthme pédiatrique du CHU Sainte-Justine. Les étudiantes Valérie Bastien et Brigitte Bénard ont également reçu un support financier du programme PREMIER du Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS) et de la chaire susmentionnée.

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

À propos du CHU Sainte-Justine

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine est le plus grand centre mère-enfant au Canada et le 2e plus important centre pédiatrique en Amérique du Nord. Il est membre du grand réseau d’excellence en santé de l’Université de Montréal (RUIS). Il compte 5 457 employés dont 1 532 infirmiers et infirmières auxiliaires et 1 000 professionnels en soins, 520 médecins, dentistes et pharmaciens, 822 résidents et plus de 204 chercheurs, 411 bénévoles, 4 416 stagiaires et étudiants de toutes disciplines. Le CHUSJ comprend 484 lits dont 67 au Centre de réadaptation Marie Enfant (CRME), seul centre dédié exclusivement à la réadaptation pédiatrique au Québec. L’OMS a reconnu le CHU Sainte-Justine « Hôpital promoteur de la santé ». chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Source :
Maude Hoffmann
Communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
communications@recherche-ste-justine.qc.ca

Personne-ressource auprès des médias :
Mélanie Dallaire
Cadre conseil | Communications externes
CHU Sainte-Justine
Bureau : 514-345-7707 / Téléavertisseur : 514-415-5727
melanie.dallaire.hsj@ssss.gouv.qc.ca

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Mise à jour le 18 septembre 2017
Créée le 17 août 2017
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