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Centre de recherche
mardi 17 avril 2018
Communiqué de presse

Asthme chez les tout-petits : ce n’est pas pour la vie!

Une équipe de recherche canadienne démontre une importante avancée dans le contrôle de l’asthme.

MONTRÉAL, le 17 avril 2018 – Alors qu’on a longtemps pensé que l’évolution de l’asthme chez les enfants était prédéterminée, il semble exister un nouvel espoir pour améliorer les chances de rémission, voir une guérison complète. Les symptômes de l’asthme chez le jeune enfant disparaissent chez près de 50-60 % des cas vers l’âge scolaire. Cependant, de nombreux enfants présentent déjà une diminution irréversible de la fonction des poumons vers l’âge de 6 ans, augmentant ainsi le risque de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique à l’âge adulte. Les résultats d’une étude de la Dre Francine Ducharme présentés au Congrès canadien sur la santé respiratoire à Vancouver le 13 avril dernier viennent changer la donne pour la toute première fois. « Comparés aux enfants chez lesquels le contrôle de l’asthme est atteint rapidement et est soutenu, les enfants qui ont atteint plus lentement un contrôle ou demeurent mal maîtrisés dans les deux ans suivant le diagnostic d’asthme présentent une probabilité de rémission considérablement réduite. En fait, moins le contrôle est bon, moins grandes sont les chances de rémission », souligne la Dre Francine Ducharme, clinicienne et chercheure au CHU Sainte-Justine et professeure à l’Université de Montréal. « Notre étude suggère une fenêtre d’opportunité pour augmenter les probabilités de rémission et les chances de changer le cours de la maladie. En visant un contrôle rapide et soutenu de l’asthme dès le diagnostic, on pourrait faire une grande différence dans le devenir de l’enfant. »

L’importance d’un contrôle rapide et soutenu

La persistance de l’asthme dans l’enfance a été associée à plusieurs facteurs de risque non modifiables comme le sexe, les allergies, et les antécédents parentaux d’asthme. Elle a aussi été associée à des facteurs modifiables comme la fréquence et la sévérité des crises, ce qui a soulevé un questionnement chez l’équipe de recherche : en contrôlant l’asthme précocement, pourrions-nous influencer les chances de rémission?

L’étude actuelle démontre que, dans les deux années suivant un diagnostic, le niveau de contrôle de l'asthme est un déterminant important des chances de rémission. Pour arriver à cette conclusion, l’équipe de recherche a réuni une cohorte de 113 588 enfants canadiens nés entre 1990 et 2013 et ayant reçu un diagnostic d’asthme avant l’âge de 5 ans. Les chercheurs ont ensuite évalué le niveau de stabilité du contrôle de la maladie dans les deux années suivant le diagnostic. Un enfant était considéré comme en rémission après deux ans sans aucune prise de médicament, sans visite médicale ou à l’urgence, et sans hospitalisation liée à l'asthme.

« Nos résultats sont frappants et confirment la forte association entre le contrôle de l’asthme dans les deux ans suivant le diagnostic chez l’enfant de moins de 5 ans et ses chances de rémission. Ils démontrent que la rémission n'est probablement pas totalement prédéterminée par des facteurs non modifiables », précise la Dre Francine Ducharme. Effectivement, les enfants ayant vécu un mauvais contrôle de la maladie au début, mais qui ont atteint un bon contrôle à la fin des deux années suivant le diagnostic ont vu leur chance de rémission réduite de 35 %, alors que ceux ayant vécu un très mauvais contrôle de la maladie tout au long des deux ans ont vu leur chance de rémission réduite de 78 %. « On doit absolument orienter nos efforts cliniques et de recherche sur cette période importante de la croissance pulmonaire. Un changement dans les dogmes de pratiques médicales est crucial ».

Depuis plus de 20 ans, l’usage de traitement préventif et les efforts de recherche étaient surtout concentrés sur les enfants présentant des facteurs de risque d’asthme persistent (asthme parental et allergies chez l’enfant), car on assumait que le soulagement des symptômes et le traitement des crises étaient suffisants chez les autres enfants, puisqu’ils se débarrasseraient de leur asthme de toute façon. En 2015, les recommandations conjointes de la Société canadienne de thoracologie et la Société canadienne de pédiatrie sur le diagnostic et la prise en charge de l’asthme des enfants d’âge préscolaires proposaient d’abandonner cette approche et de viser plutôt la maîtrise de la maladie pour tous, avec un traitement préventif personnalisé selon le niveau contrôle. Par manque d’accès aux tests de fonction des poumons spécifiques pour les enfants préscolaires et de données scientifiques solides sur le moment optimal pour commencer le traitement préventif, il subsistait encore beaucoup d’hésitations chez les professionnels de la santé quant à quel enfant devrait recevoir un traitement préventif et quand l’initier. Cette étude confirme que, pour améliorer les chances de rémission, les professionnels de la santé et les parents doivent travailler de concert pour non seulement traiter les crises d’asthme quand elles surviennent, mais surtout pour les prévenir et éviter les symptômes entre les crises, afin d’espérer changer l’évolution de la maladie et assurer un devenir en santé.

L’asthme est la maladie chronique la plus fréquence chez l’enfant et elle débute généralement avant l’âge de 5 ans. L’asthme affecte de façon plus importante les enfants d'âge préscolaire. Ces derniers affichent des taux de visites à l’urgence deux à trois fois supérieurs à ceux de tous les autres groupes d'âge. Aujourd’hui, près de 2,5 millions de Canadiens souffrent d’asthme, dont plus de 600 000 au Québec. Le fardeau économique approche le milliard de dollars au pays. En améliorant le contrôle de l’asthme dès les premières années de vie, cela pourra se traduire par une réduction des coûts liés aux soins de santé non seulement en bas âge, mais tout au long de la vie.

L’équipe de recherche se penche dorénavant sur des approches prometteuses pour améliorer le contrôle de l’asthme dans ce groupe d’âge préscolaire, en examinant l’utilité de tests de fonction pulmonaire spécifiques aux tout-petits pour reconnaître précocement les enfants avec une obstruction asymptomatique des bronches, en testant des interventions novatrices pour prévenir les crises d'asthme déclenchées par les rhumes, et en examinant l’impact à long terme des médicaments de contrôle comme les corticostéroïdes inhalés sur la prévention des séquelles pulmonaires et pour augmenter les chances de rémission de la maladie.

À propos de l’étude

Cette étude a été financé par le Réseau canadien de recherche en santé respiratoire, dont les fonds proviennent des Instituts de recherche en santé du Canada, de l’Association pulmonaire du Canada, de la Société canadienne de thoracologie, de la British Columbia Lung Association et des partenaires industriels Boehringer-Ingelheim Canada ltée, AstraZeneca Canada Inc., et Novartis Canada ltée. Cette recherche s’appuie, en partie, sur des données anonymes fournies par les ministères de la Santé de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan, du Manitoba et du Québec. Les bailleurs de fonds n'ont joué aucun rôle dans la conception de l'étude, la collecte et l'analyse des données ou la préparation du résumé de l’étude. Les inférences, interprétations, conclusions et implications contenues dans le présent document sont celles des auteurs.

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Source :
Maude Hoffmann
Communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
communications@recherche-ste-justine.qc.ca

Personne-ressource auprès des médias :
Mélanie Dallaire
Cadre conseil | Communications externes
CHU Sainte-Justine
Bureau : 514-345-7707 / Téléavertisseur : 514-415-5727
melanie.dallaire.hsj@ssss.gouv.qc.ca

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Mise à jour le 19 avril 2018
Créée le 17 avril 2018
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