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Centre de recherche
mardi 6 mars 2018
Communiqué de presse

Dépression à l’adolescence et performances cognitives en baisse

MONTRÉAL, le 6 mars 2017 – Des études récentes ont montré que la dépression majeure est associée à une série de déficits neuropsychologiques tels que les déficits d'attention, de mémoire, de prise de décision et d'inhibition comportementale chez les adultes et les personnes âgées. Bien que le taux de dépression clinique soit peu élevé dans l'enfance et au début de l'adolescence, on note fréquemment une apparition de symptômes dépressifs subcliniques vers l’âge de 13 ans. Une nouvelle étude dirigée par des chercheurs au CHU Sainte-Justine et à l’Université de Montréal et publiée dans le Journal of Affective Disorders démontre que les symptômes liés à la dépression précoce peuvent affecter la cognition des adolescents. Effectivement, une dépression expérimentée à l’adolescence est associée à de moins bonnes performances au niveau de la capacité à se rappeler des choses et au niveau des aptitudes à raisonner. « Nos résultats suggèrent que la dépression chez les adolescents est associée à un développement cognitif altéré et que ces effets préjudiciables seront encore plus fort au début de l’adolescence », précise Mohammad H. Afzali, PhD, premier auteur de l’étude.

Pour comprendre l'association entre la dépression et le fonctionnement neuropsychologique au cours de l'adolescence, l’équipe de recherche a suivi un échantillon de 3,826 adolescents canadiens sur une période de quatre ans. « Grâce à des modèles d’évaluation multiniveaux, nous avons pu examiner les effets concomitants et subséquents des symptômes dépressifs sur le niveau initial et l'évolution de quatre domaines neuropsychologiques, soit la mémoire de travail spatiale, la mémoire différée, l’aptitude à raisonner et le contrôle inhibiteur », explique Patricia Conrod, PhD, chercheure au CHU Sainte-Justine et professeure au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. Les résultats suggèrent qu'au-delà de toute relation préexistante potentielle entre la dépression et les fonctions cognitives, l’augmentation des symptômes dépressifs au cours d’une année donnée est associée à de moins bonnes performances dans les tâches de mémoire différée et de raisonnement perceptif dans la même année. De tels symptômes ont également montré qu'ils avaient des effets à long terme en ce qui a trait à la mémoire de travail spatiale, et ce, même si les symptômes dépressifs étaient réduits au niveau de base. Ceci prouve les effets persistants des symptômes dépressifs sur certains domaines cognitifs.

Le fardeau économique des troubles mentaux au Canada est estimé à 51 milliards de dollars par année. Les psychopathologies chez les adolescents entraînent des coûts économiques importants en termes de perte de productivité, de réduction de la qualité de vie liée à la santé, la réadaptation et l'incarcération. En comprenant mieux la corrélation qui subsiste entre les troubles mentaux à l’adolescence et les performances cognitives, l’équipe de recherche espère pouvoir mettre en place un programme d’intervention précoce auprès des jeunes à risque. « Plus vite ces jeunes vulnérables seront pris en charge, mieux nous pourrons les protéger contre les méfaits de la dépression sur leurs résultats neuropsychologiques », souligne Mohammad H. Afzali.

À la lumière des résultats, les chercheurs mettent de l’avant la nécessité de poursuivre un examen approfondi des corrélats neuropsychologiques des symptômes dépressifs chez les adolescents. Toutefois, « l’adolescence est un moment de grands bouleversements physiques et émotionnels et au niveau du développement du cerveau » ajoute Patricia Conrod. « Nos résultats suggèrent que la dépression a de véritables conséquences sur le fonctionnement neuropsychologique de l’enfant, et potentiellement sur le long terme. Ils soulignent la nécessité d’augmenter le nombre d’interventions précoces et préventives pour la dépression infantile. »

À propos de l’étude

L’article intitulé « Effect of depressive symptoms on the evolution of neuropsychological functions over the course of adolescence » a été publié dans le Journal of Affective Disorders en mars 2018. Le premier auteur est Mohammad H. Afzali, PhD, stagiaire postdoctoral en psychiatrie sous la direction de Patricia Conrod. L’auteure principale est Patricia Conrod, PhD, chercheure et directrice du laboratoire Lab Venture au CHU Sainte-Justine, professeure titulaire au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire Dr Julien/Fondation Marcelle et Jean Coutu en pédiatrie sociale en communauté de l’Université de Montréal. L’étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Mohammad H. Afzali a bénéficié d'une bourse postdoctorale des IRSC. Maeve Oleary-Barrett a bénéficié d'une bourse doctorale du Fonds national de la recherche luxembourgeoise, et Patricia Conrod et Jean R. Séguin ont été soutenus par une subvention Chercheur boursier – Senior du Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS). Les auteurs ne signalent aucun intérêt financier biomédical ou conflit d'intérêts potentiel. Les commanditaires n'ont joué aucun rôle dans la conception de l'étude, la collecte de données, l'analyse, l'interprétation des résultats, la rédaction de rapports ou la soumission de manuscrits.

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Source :
Maude Hoffmann
Communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
communications@recherche-ste-justine.qc.ca

Personne-ressource auprès des médias :
Mélanie Dallaire
Cadre conseil | Communications externes
CHU Sainte-Justine
Bureau : 514-345-7707 / Téléavertisseur : 514-415-5727
melanie.dallaire.hsj@ssss.gouv.qc.ca

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Mise à jour le 6 mars 2018
Créée le 6 mars 2018
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