Centre de recherche
mercredi 17 janvier 2018
Communiqué de presse

Obésité : l’effet coupe-faim de l’activité physique aiderait les enfants à moins manger

MONTRÉAL, le 17 janvier 2018 – Et si faire bouger les enfants de la maternelle avant le repas du midi plutôt qu’après contribuait à les faire manger moins et, potentiellement, aidait à réduire le risque qu’ils souffrent d’embonpoint ou d’obésité?

C’est l’hypothèse qu’ont vérifiée la professeure Marie-Ève Mathieu, du Département de kinésiologie de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine et une équipe de chercheuses en menant une étude auprès de 21 enfants dans une classe de maternelle.

En se basant sur des recherches démontrant que, chez l’adulte, l’activité physique d’intensité moyenne à élevée diminue l’appétit durant 30 à 60 minutes après l’effort, la chercheuse a voulu vérifier si jouer activement avant de manger produisait aussi cet effet anorexigène chez les enfants.

Des chercheuses à la maternelle!

Pour ce faire, Marie-Ève Mathieu et ses collègues sont allées rencontrer la direction de l’école primaire Jacques-Barclay, sur la rive sud de Montréal, qui, tout comme le comité de parents, s’est montrée enthousiaste à l’idée que les 21 élèves de la classe de maternelle prennent part à l’étude. L’expérience s’est déroulée sur neuf jours, en février et mars 2016, à raison de trois jours pendant trois semaines consécutives.

«Il était important de vérifier notre hypothèse dans un contexte scolaire réel, sans interférer avec l’horaire des enfants, afin que nos résultats puissent être reproduits dans d’autres écoles dans la mesure où ils s’avèrent positifs», explique Mme Mathieu.

Ainsi, les 13 fillettes et 8 garçons de cinq et six ans terminaient la classe à 11 h 15, puis on leur demandait de porter un podomètre avant de les soumettre à trois scénarios. Dans le premier, ils dînaient avant d’aller jouer dehors pendant 40 minutes (jeux de ballon, courses…), comme c’est habituellement le cas dans cette école. Dans le deuxième, la séquence était inversée: les enfants prenaient part aux mêmes activités pendant 40 minutes avant de manger. Enfin, dans le troisième scénario, les enfants effectuaient des activités de relaxation pendant 40 minutes, avant le repas.

Il importe de préciser que les repas, fournis par l’équipe de recherche, étaient variés et équilibrés, et comportaient 50 % plus d’aliments qu’un repas normal pour des enfants de cet âge (type minibuffet). Ceux-ci pouvaient manger à volonté, jusqu’à ce qu’ils soient rassasiés.

Plus de calories et plus de gras quand on ne bouge pas

Après avoir mesuré – à l’insu des enfants – la quantité d’aliments consommés par chacun d’eux, les chercheuses ont constaté que les élèves des deux groupes actifs avaient avalé une quantité équivalente de calories. Toutefois, lorsqu’ils s’adonnaient aux activités de relaxation, les élèves ingéraient 12 % plus de calories que lorsqu’ils se dépensaient après le dîner et 15 % plus quand ils jouaient avant le repas. Plus encore, ils ont mangé 27 % plus d’aliments gras que dans les deux premiers scénarios.

Ainsi, l’effet coupe-faim de l’activité physique avant le repas a été observé, puisque la consommation de calories a été moins grande que lorsque les enfants faisaient des activités de relaxation avant de manger.

«Les résultats indiquent qu’après la relaxation les enfants ont consommé 76 calories de plus que lorsqu’ils mangeaient après avoir été actifs physiquement, précise Marie-Ève Mathieu. Et tant la quantité que la qualité des aliments ingérés ont varié au cours du repas suivant la relaxation.»

Selon elle, un apport quotidien additionnel de 76 calories par repas pourrait, à longue échéance, conduire un enfant vers l’embonpoint ou l’obésité.

«Notre étude démontre, pour la première fois, qu’un changement tout simple – soit bouger avant le repas du midi – a des effets coupe-faim à court terme et nous entendons évaluer la portée à moyen et long terme de ces résultats pour prévenir et traiter la surcharge pondérale chez les enfants», prévoit Mme Mathieu.

Notons qu’en 2015 la prévalence de l’obésité chez les jeunes Canadiens était de 14,5 % chez les garçons et de 9,5 % chez les filles. Parmi les enfants de cinq à neuf ans, 8,5 % étaient obèses au pays.

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

 

Autre source / renseignements

Source : UdeM Nouvelles

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Mise à jour le 17 janvier 2018
Créée le 17 janvier 2018
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