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Centre de recherche
jeudi 15 février 2018

Projet pilote de prévention du cannabis pour les jeunes affichant un risque élevé de psychose financé par les IRSC

MONTREAL, le 15 février 2018 – Quel est le lien entre la consommation de marijuana et les expériences psychotiques? Et comment pouvons-nous créer des stratégies de prévention efficaces? Ce sont là quelques-unes des questions qui alimentent le programme de recherche de la Patricia Conrod, PhD, chercheure au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et à l’Université de Montréal.

L’équipe de Patricia Conrod a récemment démontré que le passage d’une consommation occasionnelle de marijuana à une consommation hebdomadaire ou quotidienne accroît de 159 % les risques qu’un adolescent ait de façon récurrente des expériences psychotiques (Journal of Child Psychology and Psychiatry, 2017). L’étude fait également état des effets signalés de la marijuana sur le développement cognitif et démontre que les liens entre la consommation de marijuana et les expériences psychotiques s’expliquent en partie par une hausse des symptômes liés à la dépression. Désirant aller plus loin à partir des données recueillies, l’équipe de recherche s’apprête maintenant à faire un premier pas vers des recherches interventionnelles en santé des populations visant à présenter les conséquences du cannabis. Le projet Psy-Venture, qui a récemment obtenu des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) une subvention Catalyseur en « Recherche interventionnelle en santé des populations liée à la légalisation du cannabis au Canada », a pour objectif de tirer des conclusions sur les risques de développement d’une psychose à partir des résultats des études cliniques et neuroscientifiques en vue de créer de nouvelles stratégies de prévention. Plus précisément, le projet Psy-Venture a comme objectif la création d’une stratégie de prévention visant une large part de la population, approximativement 8 % à 10 %, qui présentent un risque élevé d’afficher des symptômes et troubles associés à des expériences psychotiques attribuables à leur consommation de cannabis. « Dans le cadre de ce projet, nous proposons d’appliquer nos résultats quantitatifs et qualitatifs récents aux corrélats en matière de cognition et de motivation de l’évolution des expériences psychotiques persistantes afin de créer de nouvelles interventions préventives ciblant les adolescents qui démontrent ce profil de risques psychologiques. L’objectif est de prévenir une forte consommation de cannabis ainsi que la psychose induite par le cannabis », déclare Patricia Conrod, professeure au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et directrice du projet.

Comment l’équipe arrivera-t-elle à ses fins?

L’équipe de Patricia Conrod compte sur une expérience notable en conception et en exécution d’interventions ciblées, ce qu’elle démontre avec brio dans le cadre du projet Co-Venture financé par les IRSC qui porte sur environ 4000 jeunes de 13 ans issus de 31 écoles secondaires de la région métropolitaine de Montréal. Ces jeunes font l’objet d’un suivi annuel du secondaire 1 au secondaire 5. Chaque année, ils remplissaient un questionnaire électronique visant à évaluer leur consommation de drogues et leurs symptômes psychiatriques. Les adolescents devaient également accomplir des tâches cognitives permettant aux chercheurs d’évaluer leur QI, leur mémoire à court terme ainsi que leurs capacités en matière de contrôle inhibiteur et l’incidence de la toxicomanie à l’adolescence sur les fonctions cognitives en question.

Selon l’expérience acquise par l’équipe dans le cadre de programmes de prévention antérieurs en ce qui a trait à créer et à adapter des interventions à une personnalité précise dans de nouveaux contextes, l’équipe s’est fixé comme objectif d’adapter son programme actuel afin de cibler un cinquième profil de personnalité à risque. Le manuel révisé mettra l’accent sur les expériences psychotiques persistantes et sur les processus cognitifs et motivationnels qui déclenchent les pensées psychotiques plus graves ou la consommation de cannabis chez ce groupe à risque. Afin d’évaluer la faisabilité de cette étude, l’équipe entreprendra tout d’abord un programme-pilote d’intervention de type avant-après auprès de 30 jeunes à risque qui démontrent un profil de personnalité associé à des risques persistants ainsi qu’une consommation de cannabis. L’objectif ultime est de créer des groupes de discussion réunissant des jeunes à risque, des experts cliniques et des décideurs afin de mettre au point une stratégie de mise en œuvre réalisable pour cette intervention ciblée afin que le programme puisse être rapidement adopté et s’avérer durable. Selon Patricia Conrod, « Nous ne voulons pas créer une intervention sans tenir compte des perspectives des jeunes qui participent à l’intervention et des professionnels de la santé et de l’éducation qui exécutent le programme ».

Les nouvelles lois associées à la légalisation du cannabis qui sont en voie d’être adoptées au Canada rendent essentielle une compréhension globale (chercheurs, cliniciens et membres du public) de l’incidence potentielle de la consommation de cannabis sur la société. La recherche et sa mise en application dans des politiques de santé et dans les pratiques en santé publique et dans les autres secteurs sont cruciales. Il est essentiel que de tels programmes soient financés afin que les décideurs soient munis de l’information dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées et fondées sur des données probantes qui pourront maximiser le bien-être des Canadiens et minimiser les conséquences.

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Source :
Maude Hoffmann
Communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
communications@recherche-ste-justine.qc.ca

Personne-ressource auprès des médias :
Mélanie Dallaire
Cadre conseil | Communications externes
CHU Sainte-Justine
Bureau : 514-345-7707 / Téléavertisseur : 514-415-5727
melanie.dallaire.hsj@ssss.gouv.qc.ca

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Mise à jour le 4 octobre 2018
Créée le 22 mars 2018
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