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Centre de recherche
mercredi 14 août 2019
Communiqué de presse

Des pratiques parentales positives en bas âge pourraient prévenir les symptômes du TDAH chez l’enfant

Favoriser des pratiques parentales positives en portant attention au tempérament de l’enfant pourrait aider à prévenir les symptômes du TDAH, montre une étude menée à l’UdeM et au CHU Sainte-Justine.

MONTRÉAL, le 14 août 2019 - Des études ont montré qu’il est possible d’atténuer les manifestations du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant en adoptant des pratiques parentales positives, comme encourager son enfant, le rassurer, structurer ses tâches et, bien sûr, lui donner de l’affection.

Toutefois, peu d’études ont mesuré l’effet d’un parentage positif combiné avec la capacité d’un enfant à réprimer ses comportements inadéquats ‒ aussi appelé contrôle inhibiteur ‒ sur l’évolution des symptômes de ce trouble.

C’est précisément ce qu’a cherché à démontrer Charlie Rioux, diplômée du Département de psychologie de l’Université de Montréal, avec sa collègue Julie Murray, de l’École de psychoéducation. Et ce qu’elles ont découvert pourrait permettre d’élaborer des interventions plus ciblées pour prévenir l’apparition et l’exacerbation de ces symptômes.

L’étude a été menée sous la direction de Natalie Castellanos Ryan et Jean R. Séguin, professeurs à l’Université de Montréal et chercheurs au CHU Sainte-Justine, ainsi que de Sophie Parent, professeure à l'UdeM.

Un suivi sur sept ans

Leur étude, qui vient d’être publiée dans la revue scientifique Development and Psychopathology, repose sur des données recueillies auprès de 195 mères de la région de Montréal. Celles-ci ont répondu à un questionnaire de la première année de l’enfant, soit dès l’âge de cinq mois, jusqu’à ses sept ans.

Les chercheuses ont examiné le lien entre le parentage positif des mères lorsque leur enfant avait quatre ans et le contrôle inhibiteur de l'enfant à six ans dans la prédiction des symptômes du TDAH à l'âge de sept ans.

«Nous avons mesuré le parentage positif par l’observation de l’interaction entre les mères et leur enfant au cours d’activités où ils devaient accomplir certaines tâches, comme lire ou faire un dessin par numéros», mentionne Charlie Rioux.

Un effet combiné positif pour les enfants

Les résultats indiquent que le parentage positif, évalué lorsque l’enfant a quatre ans, est fortement associé à de plus faibles symptômes du TDAH à l’âge de sept ans. Mais le lien est plus fort lorsque l’enfant a un plus grand contrôle inhibiteur à l’âge de six ans.

Selon Mmes Rioux et Murray, cette relation pourrait s’expliquer par le fait que les enfants qui ont un meilleur contrôle inhibiteur sont davantage en mesure de porter une plus grande attention aux gestes de leurs parents et, de ce fait, seraient plus influencés par une rétroaction positive de leur part.

À l’inverse, les enfants ayant un plus faible contrôle inhibiteur et dont la mère avait moins de pratiques parentales positives manifestaient des symptômes du TDAH plus prononcés.

«Nos résultats montrent qu’une intervention qui ciblerait les pratiques parentales positives pourrait réduire ou prévenir les symptômes du TDAH, soutient Charlie Rioux. Toutefois, pour les enfants dont le contrôle inhibiteur se révèle plus faible, les interventions sur les pratiques parentales devraient être combinées avec une intervention visant les capacités inhibitrices de l’enfant.»

Des interventions à privilégier

Les auteures de l’étude estiment que, en améliorant les capacités inhibitrices de l'enfant, celui-ci pourrait devenir plus réceptif aux pratiques parentales positives, «ce qui pourrait dès lors freiner ou empêcher le développement des symptômes du TDAH».

À ce chapitre, selon certaines études, des programmes d’activité physique semi-structurés ‒ tel un cours d’éducation physique ‒ pourraient permettre d’améliorer le contrôle inhibiteur chez les enfants.

Pour ce qui est des interventions à privilégier pour améliorer le parentage positif, plusieurs voies s’offrent aux parents qui disent éprouver de la difficulté à adopter ces pratiques.

«Il existe des programmes à cet effet ‒ comme au CHU Sainte-Justine, dans les CLSC ou les organismes communautaires – et il est aussi possible de consulter un psychoéducateur, un psychologue ou encore des livres d’experts sur le sujet», signale Charlie Rioux.

Selon elle, l’important est de viser de meilleures pratiques parentales, sans toutefois tomber dans la quête de la perfection.

«Personne n’est parfait et l’important est de chercher à améliorer ses compétences sur une échelle continue, rassure-t-elle. L’idée est de favoriser davantage de pratiques parentales positives qui, lorsqu’elles sont utilisées la plupart du temps, sont associées à moins de symptômes du TDAH.»

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 500 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Florence Meney
Conseillère-cadre – médias externes
CHU Sainte-Justine
Tél. : 514-755-2516
florence.meney.hsj@ssss.gouv.qc.ca 

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Mise à jour le 15 août 2019
Créée le 14 août 2019
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