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jeudi 7 mars 2019
Communiqué de presse

Une télévision dans la chambre de son enfant?

MONTRÉAL, le 7 mars 2019 – La présence d’une télévision dans la chambre d’un enfant d’âge préscolaire l’expose à des risques pour sa santé mentale et physique à l’adolescence démontre une nouvelle étude menée par Linda Pagani, professeure à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

La surexposition à un écran dans la chambre durant la petite enfance nuirait au développement d’autres compétences plus riches et pourrait expliquer, en partie, les mauvaises habitudes alimentaires, un indice de masse corporelle élevé et des difficultés socioaffectives selon l’étude publiée dans la revue Pediatric Research à la fin décembre.

«La petite enfance est un moment crucial du développement de l’enfant », explique la professeure Pagani, qui présentera en compagnie de ses co-auteurs les résultats de cette étude à Paris ce vendredi, dans le cadre de l’International Convention of Psychological Science.

Devant l’écran: le passe-temps le plus populaire des enfants

Les parents savent intuitivement que la façon dont les enfants occupent leur temps libre a des répercussions sur leur bien-être à long terme. Le temps passé devant un écran demeure pourtant le passe-temps le plus fréquent chez les enfants. La surexposition au petit écran signifie que l’enfant reçoit constamment de l’information pendant sa croissance et son développement, surtout si la télévision est facilement accessible, comme dans sa chambre.

La professeure poursuit: «Trop de temps passé devant un écran l’empêche de s’adonner à d’autres activités physiques et mentales plus enrichissantes et importantes. Les enfants risquent de ne pas avoir suffisamment d’interactions physiques et sociales pour favoriser un développement physique et socioaffectif optimal. Nous avons donc réalisé une étude longitudinale sur une cohorte de naissance pour déterminer si le fait d’avoir une télévision dans une chambre à l’âge de quatre ans permettait d’en prédire les conséquences à long terme. Nous voulions examiner les associations sur le plan du neurodéveloppement entre la présence d’une télévision dans une chambre au cours de la période préscolaire critique et certains symptômes physiques, mentaux et sociaux malsains qui peuvent se manifester au début de l’adolescence. Notre objectif était d’éliminer toute condition préexistante chez les enfants ou les familles pouvant influencer nos résultats.»

Pour ce faire, Linda Pagani et son équipe ont analysé les données canadiennes de la cohorte d’enfants nés au Québec entre le printemps 1997 et le printemps 1998. L’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec est un ensemble de données publiques, recueillies et coordonnées par l’Institut de la statistique du Québec.

En ce qui concerne les risques biologiques conséquents, des examinateurs chevronnés indépendants ont mesuré l’indice de masse corporelle des enfants à l’âge de 13 ans. Les adolescents ont également eux-mêmes consigné leur consommation de malbouffe. Pour ce qui est des risques psychologiques, leurs enseignants ont évalué la détresse émotionnelle, et les jeunes ont rempli une version abrégée de l’Inventaire de dépression de Beck. Quant aux risques sociaux, les enseignants ont produit un rapport sur la sociabilité et la victimisation des jeunes par les pairs. Toutes ces mesures sont des prédicteurs fiables de la santé physique et mentale à l’âge adulte.

Les résultats: écran dans la chambre ne rime pas avec santé

Les résultats ont révélé que les enfants qui possèdent une télévision dans leur chambre à l’âge de quatre ans sont davantage susceptibles d’avoir un indice de masse corporelle considérablement plus élevé, de moins bonnes habitudes alimentaires, un niveau de sociabilité plus faible et une détresse émotionnelle plus grande, ainsi que des symptômes de dépression, de victimisation, d’agression physique, et ce, au-delà des facteurs individuels et familiaux préexistants.

En conclusion, le lieu semble avoir de l’importance. Le fait pour un enfant d’avoir un écran dans sa chambre pendant les années préscolaires ne favorise pas la santé à long terme. Les enfants de notre étude sont nés à un moment où la télévision était le principal écran de la chambre. De nos jours, compte tenu que les écrans se transportent facilement et vu l’interaction entre les divers outils numériques, l’American Academy of Pediatrics recommande de façon claire de privilégier des pièces exemptes d’écran à la maison, en tenant compte plus particulièrement des effets sur la croissance et le développement des enfants.

«Cette étude appuie fermement l’adoption de lignes directrices pour les parents en matière d’accessibilité des écrans», conclut la professeure Pagani.

À propos de l’étude

Linda Pagani, auteure principale de l’étude, Marie-Josée Harbec et Tracie A. Barnett ont publié l’article «Prospective Associations between Television in the Preschool Bedroom and Later Bio-Psycho-Social Risks» dans le numéro de décembre de Pediatric Research. Mme Pagani est professeure à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal. Elle est également chercheuse principale au CHU Sainte-Justine et au Groupe de recherche sur les environnements d’apprentissage du Fonds de recherche du Québec – Société et culture. Marie-Josée Harbec étudie actuellement sous la supervision de Linda Pagani et Tracie A. Barnett est professeure à l’INRS‒Institut Armand-Frappier, centre affilié à l’Université du Québec à Montréal.

L’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec a été rendue possible grâce au financement de la Fondation Lucie et André Chagnon, de l’Institut de la statistique du Québec, du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, du ministère de la Famille, de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail, du CHU Sainte-Justine et du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.  Source: données compilées à partir du fichier maître final «E1-E20» de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (1998-2017), ©Gouvernement du Québec, Institut de la statistique du Québec. Aucun financement particulier n’a été reçu pour cette analyse secondaire des données.

ARTICLE DOI : 10.1038/s41390-018-0265-8

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Personne-ressource pour les médias:

Julie Gazaille, attachée de presse
Bureau des communications – Université de Montréal
514-343-6796 | j.cordeau-gazaille@umontreal.ca

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Mise à jour le 7 mars 2019
Créée le 7 mars 2019
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