Centre de recherche
mardi 26 novembre 2019
Communiqué de presse

Une utilisation intense des médias sociaux et des écrans d’ordinateur ainsi qu’une longue écoute de la télévision sont associées à des symptômes d’anxiété chez les adolescents

Nouvelle étude du Centre hospitalier universitaire de Sainte-Justine

MONTRÉAL, le 25 novembre 2019 – Une nouvelle étude menée par les chercheurs Boers, Afzali et Conrod qui sont affiliés au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal, révèle que l’utilisation des médias sociaux et des ordinateurs ainsi que l’écoute de la télévision sont liées à une augmentation des symptômes d’anxiété chez les adolescents. L’étude n’établit aucun lien avec la pratique des jeux vidéo.

L’étude publiée la Revue canadienne de psychiatrie, une revue spécialisée, démontre qu’une fréquence d’utilisation des médias sociaux et des ordinateurs et d’écoute de la télévision supérieure à la moyenne, sur une période de quatre ans, est un facteur d’aggravation des symptômes d’anxiété au cours de cette même période de temps. Outre le fait qu’une vulnérabilité commune potentielle soit associée à ces deux types de comportements, l’étude montre qu’un adolescent qui augmente le temps moyen qu’il passe sur les médias sociaux, devant la télévision et un écran d’ordinateur, au cours d’une année donnée, voit également ses symptômes d’anxiété s’aggraver durant cette même année. De plus, lorsque les adolescents réduisent leur utilisation des médias sociaux et des écrans d’ordinateur ainsi que leur écoute de la télévision, leurs symptômes d’anxiété s’atténuent. Ainsi, aucun effet durable n’a été constaté.

Ces conclusions sont intéressantes étant donné qu’une autre publication récente des mêmes auteurs établit des liens entre l’utilisation des médias sociaux et l’écoute de la télévision et les symptômes de la dépression. Aucun lien n’a été établi avec l’utilisation de l’ordinateur. Ainsi, il semble que l’utilisation de l’ordinateur soit particulièrement associée à une augmentation du niveau d'anxiété, peut-être liée à son utilisation pour les devoirs. « Cependant, d’autres recherches sont nécessaires », indique Elroy Boers, chercheur postdoctoral au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et auteur principal de l'étude.

Cette étude pourrait avoir une incidence importante sur la façon dont les jeunes et les familles décideront de réglementer le temps passé devant un écran numérique pour prévenir et atténuer les symptômes de l’anxiété. Les résultats de l’étude indiquent que l’utilisation des médias sociaux et de l’ordinateur ainsi que l’écoute de la télévision sont des facteurs prédictifs de l’anxiété chez les adolescents. « Bien que nos résultats soient fondés sur une étude observationnelle, la nature de l’approche statistique que nous avons empruntée pour analyser les liens de cause à effet potentiels a été rigoureusement contrôlée afin de cerner toute vulnérabilité commune potentielle sous-jacente à des niveaux de temps d'écran et d’anxiété élevés. Néanmoins, il faudra réaliser d’autres recherches, y compris des études faisant appel à des concepts expérimentaux, pour confirmer que l’exposition aux médias sociaux, à la télévision et aux ordinateurs entraîne des taux d’anxiété élevés chez les jeunes », déclare Patricia Conrod, professeure de psychiatrie à l’Université de Montréal et au CHU Sainte-Justine et auteure principale de l’étude.  

Le temps passé devant un écran et l’anxiété

L’équipe de Mme Conrod a suivi près de 4 000 adolescents canadiens âgés de 12 à 16 ans qui ont participé au projet CoVenture. On a demandé à ces adolescents, au cours de chaque année de leurs études secondaires, de faire une auto-évaluation du temps qu'ils passaient devant un écran numérique et de préciser le temps qu’ils consacraient à quatre différents types d’activités à l’écran (médias sociaux, télévision, jeux vidéo et ordinateur).

De plus, les adolescents ont rempli des questionnaires d’auto-évaluation sur la présence de divers symptômes d’anxiété à l’âge de 12 à 16 ans. Une fois que les données ont été recueillies, des analyses statistiques avancées ont été réalisées afin d’établir les corrélations interpersonnelles, personnelles et intraindividuelles avec décalage entre le temps passé devant les écrans et l’anxiété à l’adolescence. Ces analyses complètent les analyses standard en modélisant les changements annuels de ces deux éléments et en tenant compte d’une vulnérabilité commune potentielle à chaque type de comportement ou de symptôme et des changements naturels potentiels liés au développement.

« Ces résultats semblent indiquer qu’un moyen d’aider les adolescents à gérer leur anxiété consisterait à limiter le temps qu’ils passent devant les écrans », mentionne Mme Conrod. Mme Conrod et ses collègues espèrent que cette étude aidera à orienter la définition de nouvelles stratégies d’intervention auprès des jeunes à risque, avant que les symptômes d’anxiété deviennent cliniquement importants.

À propos de cette étude

Les travaux de M. Elroy Boers ont été financés par une bourse postdoctorale des Instituts de recherche en santé du Canada et par ERA-NET NEURON. Les travaux de Mme Patricia Conrod ont été financés par une chaire de recherche du Canada de niveau 1.  Le projet Co-venture a été financé par une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada.

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 200 chercheurs, dont plus de 90 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

À propos du CHU Sainte-Justine

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine est le plus grand centre mère-enfant au Canada et le 2e plus important centre pédiatrique en Amérique du Nord. Il est membre du grand réseau d'excellence en santé de l'Université de Montréal (RUIS). Il compte 5 457 employés dont 1 532 infirmiers et infirmières auxiliaires et 1 000 professionnels en soins, 520 médecins, dentistes et pharmaciens, 822 résidents et plus de 204 chercheurs, 411 bénévoles, 4 416 stagiaires et étudiants de toutes disciplines. Le CHUSJ comprend 484 lits dont 67 au Centre de réadaptation Marie Enfant (CRME), seul centre dédié exclusivement à la réadaptation pédiatrique au Québec. L'Organisation mondiale de la santé a reconnu le CHU Sainte-Justine « hôpital promoteur de la santé ».
www.chusj.org

Autre source / renseignements

Florence Meney
Conseillère-cadre
Relations avec les médias
CHU Sainte-Justine
514 415-2516
florence.meney.hsj@ssss.gouv.qc.ca

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Mise à jour le 25 novembre 2019
Créée le 25 novembre 2019
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