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Centre de recherche
lundi 3 août 2020
Communiqué de presse

Association entre les biais cognitifs et les expériences psychotiques sous cliniques

MONTRÉAL, le 3 août 2020 – Une nouvelle étude conduite par une équipe de recherche au CHU Sainte-Justine et à l’Université de Montréal révèle que plusieurs biais cognitifs sont associés à des expériences apparentées à la psychose.

Effectivement, l’équipe de la professeure Patricia Conrod a réalisé une méta-analyse d’envergure sur l’association entre la sévérité de certaines manifestations psychotiques sous cliniques et la façon dont les personnes qui n’ont pas de psychopathologie traitent l’information.

Selon l’hypothèse du continuum de la psychose, le phénotype de la psychose ne se restreint pas à une pathologie cliniquement significative. En effet, il existe de manifestations sous cliniques appelées «expériences psychotiques sous cliniques» (EPSC). Les EPSC sont légères et passagères, et on peut les diviser en EPSC positives (p. ex. perceptions anormales ou pensées délirantes) et en EPSC négatives (p. ex. retrait social, anhédonie sociale ou aboulie). Les modèles contemporains cognitivo-comportementaux mettent en lumière le rôle majeur de la cognition, et plus particulièrement des biais cognitifs, en ce qui a trait au déclenchement et au maintien des symptômes psychotiques. Le terme «biais cognitif» fait référence aux processus cognitifs liés à des erreurs systématiques dans le traitement de l’information.

La méta-analyse qui a été conduite par le laboratoire de la professeure Patricia Conrod porte sur 27 études et a révélé que l’on observe plus fréquemment des EPSC chez les personnes saines qui ont davantage de biais cognitifs. L’étude a pu démontrer une association entre les biais liés au raisonnement, à l’attribution et à l’attention et aux EPSC, tant positives que négatives.

«Nos conclusions pourraient donc avoir d’importantes implications en matière de stratégies thérapeutiques quant à la prévention et l’intervention cognitive précoce pour les symptômes psychotiques sous cliniques. Selon la recherche actuelle, il serait possible de reconnaître avant le déclenchement de la maladie, une vulnérabilité cognitive à la psychose. Ce résultat est très encourageant en ce qui a trait à la prévention. Puisque la psychose se déclenche généralement au début de l’âge adulte, une identification rapide d’une vulnérabilité cognitive à la psychose permettrait aux cliniciens de disposer d’une large fenêtre pour intervenir en visant les processus cognitifs clés de façon à favoriser une restructuration des pensées», souligne Audrey Livet, Ph.D., première auteure de l’étude.

«Enfin, puisqu’il est reconnu que les biais cognitifs jouent un rôle primordial dans le déclenchement et le maintien de la psychose et puisque les outils d’auto-évaluation des biais cognitifs sont faciles à utiliser, il faudrait généraliser ces derniers dans la pratique clinique et dans d’autres recherches afin de cibler les biais cognitifs problématiques que fait ressortir la recherche actuelle. D’autres études sont requises», ajoute la professeure Patricia Conrod.

L’équipe de recherche espère que leur étude contribuera à l’élaboration de stratégies de prévention et d’intervention ciblant les biais cognitifs en question chez les jeunes qui expérimentent des expériences psychotiques sous cliniques.

À propos de l’étude

Livet, A., Navarri, X., Potvin, S., Conrod, P. (2020). Cognitive biases in individuals with psychotic-like experiences: A systematic review and a meta-analysis. Schizophrenia Research.

La première auteure, Mme Audrey Livet, Ph.D., est chercheuse postdoctorale dans le laboratoire de la professeure Patricia Conrod. L’auteure principale, Pre Patricia Conrod, est chercheuse et directrice du Laboratoire Venture au CHU Sainte-Justine, professeure titulaire au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire Dr Julien/Fondation Marcelle et Jean Coutu en pédiatrie sociale en communauté de l’Université de Montréal.

Ces travaux ont été financés par les Instituts de recherche en santé du Canada et par la Commission de la santé mentale du Canada.

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 210 chercheurs, dont plus de 110 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Personnes-ressources auprès des médias :

Florence Meney
Conseillère-cadre – médias externes
CHU Sainte-Justine
Tél. : 514-755-2516
florence.meney.hsj@ssss.gouv.qc.ca  

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Mise à jour le 5 août 2020
Créée le 3 août 2020
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