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lundi 2 novembre 2020

Commencer la maternelle du bon pied

Entrer à la maternelle bien préparé procure à l'enfant de nombreux avantages plus tard dans sa vie et réduit les coûts sociaux à long terme, selon un groupe de chercheurs canadiens

MONTRÉAL, 2 novembre 2020 - «Tout ce qu'on a besoin de savoir, on l'apprend à la maternelle.» Cette maxime semble avoir un fondement scientifique si l'on en juge par une étude récente réalisée par des chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université Sainte-Anne.

«Nous savons depuis des années qu'un bon départ en maternelle mène à de meilleurs résultats scolaires à long terme, mentionne Caroline Fitzpatrick, professeure adjointe de psychologie à l'Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, et auteure principale de l'étude. Mais grâce à cette étude, nous pouvons maintenant affirmer que les habiletés acquises durant la petite enfance nous aident à réussir et à adopter un style de vie plus sain lorsque nous arrivons à l'âge adulte. Voilà qui est prometteur pour la société dans son ensemble.»

L'étude a été publiée aujourd'hui dans la revue Pediatrics.

«De nombreux enfants commencent la maternelle mal préparés à l'enseignement en classe, indique Linda Pagani, professeure à l'École de psychoéducation de l'UdeM et coauteure de l'étude. Ces enfants risquent de vivre des difficultés d'apprentissage tout au long de leurs études. Ils arrivent en maternelle sans le bagage nécessaire d'habiletés cognitives, d'habiletés sociales et d'habiletés motrices découlant de l'activité physique.»

L'importance des compétences en mathématiques

Caroline Fitzpatrick et Linda Pagani ont examiné les associations entre la préparation à la maternelle et les risques scolaires, psychologiques et pour la santé qui se manifestent à la fin du secondaire.

«Les compétences en mathématiques à la maternelle contribuent à de meilleurs résultats scolaires à la fin du secondaire et à une réduction du risque de décrochage; ce constat est corroboré par les observations des enseignants, qui notent aussi une diminution du risque d'abus d'alcool ou de drogues», explique Mme Fitzpatrick.

Mme Pagani, qui a travaillé sur l'étude avec Elroy Boers, chercheur au postdoctorat, ajoute que «l'engagement scolaire à la maternelle permet aussi de prédire la pratique d'une activité physique et une baisse de 65 % du risque de surpoids chez l'enfant à 17 ans».

Les auteurs en sont venus à leurs conclusions après avoir étudié des données de l'Institut de la statistique du Québec portant sur une cohorte de 2000 enfants nés en 1997 et en 1998 qui faisaient partie de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec. 

Des examinateurs spécialement formés ont évalué la connaissance des chiffres et la compréhension du vocabulaire chez des enfants de cinq ans. Au printemps de chaque année, les enseignants devaient effectuer un compte rendu de la participation des enfants en classe, notamment la façon dont ils accomplissaient leurs tâches, suivaient les instructions et collaboraient avec d'autres enfants. À 17 ans, les participants devaient indiquer leur niveau d'études, leur sentiment d'appartenance à leur établissement, s'ils avaient ou non abusé de drogues ou d'alcool, s'ils pratiquaient une activité physique, ainsi que leur taille et leur poids. Le risque de décrochage a également été évalué chez chaque participant en fonction des redoublements et de l'engagement scolaire.

Les facteurs de confusion exclus

Les chercheurs ont ensuite analysé les données afin de repérer tout lien notable entre la préparation à la maternelle et les risques scolaires, psychologiques et pour la santé courus par les jeunes entre la maternelle et la fin du secondaire. Ils ont tenté d'éliminer les facteurs de confusion possibles en tenant compte de facteurs clés chez les enfants (sexe, poids selon l'âge gestationnel, quotient intellectuel non verbal et internalisation et externalisation des comportements) et dans la famille (engagement des parents, dépression maternelle, statut d'immigrant, configuration familiale et statut socioéconomique).

«La préparation des jeunes enfants à la maternelle annonce le développement d'une “zone de protection” à l'aube de l'âge adulte et laisse entendre que les jeunes qui commencent l'école bien préparés ont un meilleur mode de vie, déclare Caroline Fitzpatrick. Nos observations nous montrent qu'il est possible d'éliminer le lien entre échec scolaire et maladie en offrant aux enfants des conditions qui favoriseront leur préparation à la maternelle.»

Selon Linda Pagani, qui travaille également comme chercheuse au CHU Sainte-Justine à Montréal, «la promotion de la préparation à la maternelle semble, à long terme, contribuer à une réduction des risques liés au style de vie qu'engendre le décrochage scolaire. Par conséquent, les politiques visant à promouvoir et à préserver les habiletés précoces des enfants, par exemple en leur offrant un environnement stimulant en garderie et un cadre familial apaisé, pourraient représenter une stratégie viable pour les gouvernements».

À propos de cette étude

L’article «Kindergarten readiness promises saving in later health and social costs», par Caroline Fitzpatrick et ses collaborateurs, a été publié le 2 novembre 2020 dans la revue Pediatrics. Cette étude a été financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Elle a également bénéficié du soutien de la Fondation Lucie et André Chagnon, de l'Institut de la statistique du Québec, du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec, du ministère de la Famille du Québec, de l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail, du CHU Sainte-Justine et du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 210 chercheurs, dont plus de 110 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Pour information et entrevues :
Florence Meney
Conseillère cadre
Relations avec les médias
CHU Sainte-Justine
florence.meney.hsj@ssss.gouv.qc.ca
514-755 2516

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Mise à jour le 3 novembre 2020
Créée le 2 novembre 2020
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