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Centre de recherche
mardi 7 avril 2020
Communiqué de presse

Le VPH, un virus pas comme les autres!

Mais similaire en ce qui concerne la dynamique des anticorps mère-enfant

MONTRÉAL, le 7 avril 2020 – Une équipe de recherche du CHU Sainte-Justine et du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) s’est penchée sur la dynamique mère-enfant de la transmission des anticorps du virus du papillome humain (VPH) afin de mieux comprendre comment fonctionne l’immunologie du virus de la mère à l’enfant. Jusqu’à aujourd’hui, très peu de données sur le comportement de ces anticorps étaient disponibles. Les résultats de cette étude sont présentés aujourd’hui dans le journal EClinicalMedicine publié par The Lancet.

Le VPH est l'une des infections transmissibles sexuellement les plus répandues au Canada et dans le monde. Bien que l’on sache qu’il n’est pas fréquent qu'une femme enceinte transmette le VPH à son nourrisson, peu d’information sur l’immunité naturelle liée au VPH et sur la dynamique mère-enfant des anticorps existe.

Le VPH, un virus pas comme les autres!

«Il faut savoir que le VPH se comporte différemment des autres virus connus. Par exemple, l’infection naturelle au VPH n’induit pas une phase de présence virale dans le sang. Ainsi, la réponse immunitaire à l’infection naturelle est souvent tardive et se caractérise par un très faible niveau d’anticorps qui auront peu de chance de protéger l’hôte contre une infection subséquente. Ce phénomène est contre-intuitif, car chez les autres virus, l’infection naturelle procure normalement une forte production d’anticorps, encore plus que la vaccination», explique la professeure Helen Trottier, chercheuse au CHU Sainte-Justine et professeure à l’Université de Montréal.

«Ici, nous avons étudié si le comportement du virus différait également dans la transmission des anticorps de la mère à l’enfant», ajoute-t-elle.

La cohorte HERITAGE

La cohorte HERITAGE, incluant des femmes enceintes testées positives au VPH a fourni des données importantes permettant de corréler les niveaux d’anticorps anti-VPH entre les mères et les nouveau-nés à la naissance et de décrire la dynamique des anticorps chez les enfants durant les deux premières années de vie.

«Nous avons prélevé des échantillons de sang au cours du premier trimestre de grossesse chez les participantes, puis chez les enfants à la naissance, ainsi qu’à 6, 12 et 24 mois de vie. En réponse à nos analyses, la corrélation entre les anticorps VPH de la mère et du nouveau-né a suggéré un transfert vertical. De plus, nous avons observé que la plupart des enfants ont éliminé les anticorps dans les six à douze mois suivant la naissance, un phénomène identique à ce qui se produit pour d’autres infections virales», explique Mme Monica Zahreddine, première auteure de l’étude.

«Il est important de comprendre le comportement des anticorps liés au VPH afin d’élucider l’immunologie de ce virus particulier. Par ailleurs, on sait que de manière générale la vaccination des enfants est moins efficace lorsque les anticorps maternels sont encore présents dans leur corps», ajoute Mme Zahreddine. «Nos données sont rassurantes, car les anticorps du VPH transmis pendant la grossesse semblent fonctionner de la même façon que les anticorps associés à d’autres virus, et ce, même pour les femmes vaccinées.»

Une expertise de pointe

En 2018, le CHU Sainte-Justine annonçait la création du tout premier Centre d’infectiologie mère-enfant en Amérique du Nord pour accompagner encore plus efficacement les femmes, enfants et adolescents à risque ou qui luttent contre des virus ou bactéries.

«Bien que les anticorps contre le VPH soient détectables chez les nouveau-nés et qu’ils semblent s’estomper à partir de l’âge de 6 mois, nous devons poursuivre nos recherches afin de déterminer si ces anticorps confèrent ou non un effet de protection chez l’enfant», conclut la professeure Trottier. «Nous voulons approfondir les connaissances dans le domaine de l’infectiologie mère-enfant au bénéfice des patients.»

À propos de l’étude

L’article «Antibodies to human papillomavirus types 6, 11, 16 and 18: vertical transmission and clearance in children up to two years of age» a été publié le 7 avril 2020 dans le journal EClinicalMedicine. La première auteure est Monica Zahreddine, MSc, personnel de laboratoire sous la direction d’Helen Trottier. L’auteure principale est Helen Trottier, PhD, professeure agrégée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM) et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. L’étude a été soutenue par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

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À propos du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine est un établissement phare en recherche mère-enfant affilié à l’Université de Montréal. Axé sur la découverte de moyens de prévention innovants, de traitements moins intrusifs et plus rapides et d’avenues prometteuses de médecine personnalisée, il réunit plus de 210 chercheurs, dont plus de 110 chercheurs cliniciens, ainsi que 450 étudiants de cycles supérieurs et postdoctorants. Le centre est partie intégrante du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant au Canada et le deuxième centre pédiatrique en importance en Amérique du Nord. Détails au recherche.chusj.org

Source
CHU Sainte-Justine
Renseignements

Source :
Maude Hoffmann
Communications, Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
communications@recherche-ste-justine.qc.ca 

Personnes-ressources auprès des médias :
Florence Meney
Conseillère-cadre – médias externes
CHU Sainte-Justine
Tél. : 514-755-2516
florence.meney.hsj@ssss.gouv.qc.ca

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Mise à jour le 7 avril 2020
Créée le 6 avril 2020
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