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lundi 20 juillet 2020

Une professeure lance un guide pour encadrer les jeunes en milieu de travail

MONTRÉAL, le 20 juillet 2020 – Brûlures, coupures, chutes et douleurs au dos sont des lésions accidentelles récurrentes chez les quelque 13 000 travailleurs et travailleuses en stage de métiers semi-spécialisés au Québec. «Ces blessures en milieu de travail ne sont pas nécessairement plus fréquentes de nos jours, mais elles indiquent que les stagiaires doivent être bien encadrés lorsqu’ils passent en milieu de travail», commente Marie Laberge, professeure à l’École de réadaptation de l’Université de Montréal. Elle vient de lancer, avec Aurélie Tondoux et Gabriel Charland, du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, un guide sur les notions utiles à la supervision de stages pour les métiers semi-spécialisés.

Le gouvernement québécois recense 136 de ces métiers, de préposé aux marchandises à manœuvre de scierie en passant par relieur de manuels scolaires et de livres usagés. La plupart des personnes qui occupent ces postes ne possèdent pas de diplôme d’études secondaires et les chances qu’elles l’obtiennent à court terme sont minces. Âgées majoritairement de 15 à 20 ans, elles ont pour caractéristique commune de présenter un retard scolaire par rapport à leur cohorte. Plusieurs sont atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme, de dyslexie ou de problèmes psychosociaux. Certaines, enfin, sont issues de l’immigration et ne maîtrisent pas le français ou l’anglais.

Lunettes adaptées

Mme Laberge, qui est également chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine ainsi qu’au Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement de l’UQAM (mieux connu sous son acronyme CINBIOSE), s’intéresse depuis 15 ans à cette catégorie de futurs travailleurs qu’on appelle «élèves en situation de handicap ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation» et qui effectuent un stage afin de se familiariser avec le marché du travail, dans une perspective de développement de l’employabilité. «Nous voulons outiller les superviseurs afin de leur donner un maximum d’informations sur les métiers semi-spécialisés, ce qui inclut les processus, l’organisation, les lois et les normes du travail ainsi que les stratégies d’intervention dans ce type de milieu. Nous voulons leur donner une paire de lunettes qui leur permettra d’aider les élèves à apprendre dans un autre environnement que l’école», illustre Mme Laberge.

Même si leur nombre n’est pas connu avec précision, il y aurait plusieurs centaines de ces superviseurs et superviseuses de stage correspondant au profil du lectorat visé par cette publication de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail. Le guide intitulé Notions utiles à la supervision de stages de métiers semi-spécialisés a pour objectif de réunir en un seul document l’ensemble des connaissances sur le sujet.

Nouveau travailleur à risque

Depuis le début des années 2000, les accidents de travail ont diminué au Québec; c’est particulièrement vrai chez les jeunes. Ils sont passés de près de 140 000 par an à moins de 100 000 dans l’ensemble de la population; chez les jeunes de 15 à 24 ans, on en rapportait 25 401 en 2000, un chiffre qui est tombé à 20 713 en 2017. S’agit-il d’une conséquence des campagnes de prévention incluant d’évocatrices annonces publicitaires? On aime à le penser, mais c’est difficile de prouver le lien de cause à effet entre les deux, note la spécialiste.

Dès 2003, poursuit-elle, le Québec a pris le leadership de la diminution des risques d’accidents de travail et rédigé le Protocole de Québec pour l’intégration des compétences en santé et sécurité au travail (SST) dans l’enseignement et la formation professionnels et techniques, auquel neuf instances ont adhéré. Depuis, on comprend mieux les risques auxquels les jeunes sont soumis et l'on tente de les diminuer.

Marie Laberge fait remarquer qu’il est inapproprié de dire que les jeunes sont plus exposés aux accidents de travail que les salariés plus âgés. «En fait, ce sont les personnes nouvellement affectées à un poste qui courent le plus de risques. Un ou une jeune qui occupe le même emploi depuis quatre ans risque généralement moins de se blesser qu’une personne plus âgée qui débute!»

Cela dit, comme les jeunes sont plus souvent nouveaux au travail, il s’agit d’une sous-population qu’il faut garder à l’œil.

Autre source / renseignements

UdeM Nouvelles

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Mise à jour le 21 juillet 2020
Créée le 21 juillet 2020
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